Le Trésor Des Kerguelen

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061 Mouillage sans ancre…

 

 

Dans les annexes du livre (cf onglet / annexes bateau), j'ai déjà parlé de cette technique qui consiste à mouiller le bateau …sans ancre !

 

Ce système est particulièrement valable pour la Terre de Feu. Mais il y aura forcement d'autres endroits au monde où cette technique pourrait ou devrait être employée.

 

 

 

Matériel nécessaire :

 

Des rouleaux de cordages assez long (60m sur Kerguelen en 18 mm de diamètre) et si possible en matière flottante, c'est-à-dire en Polypropylène. Pourquoi ? Eh bien tout simplement pour ne pas avoir ces bouts qui coulent lors de leur libération à terre et d'aller se les prendre illico dans l'hélice en manoeuvrant. Bonjour les ennuis pour aller plonger dans une eau à 2ou 3° et démêler tout ça sans parler du vent, des obstacles, des dangers omniprésents dans ces régions inhospitalières. L'idéal étant donc d'avoir autant de rouleaux  (dévidoirs) que de cordages ! Faute de place disponible sur le pont, sur Kerguelen, nous n'avions que 2 dévidoirs avec sur chacun deux longueurs d'enroulées sur le même. Mais cela n'était pas gênant dans la pratique puisque de toutes façons, on procède l'une après l'autre pour s'amarrer à terre, à moins d'avoir un équipage nombreux pour les manoeuvres… Ce n'était pas notre cas.

 

Ici le rouleau avant avec ses 2 amarres de 60 m chacune. Il est intégré au balcon de pied de mât. Le second se trouvant dans le balcon arrière.


Ensuite il est bon de posséder des câbles d'amarrage. Pourquoi vous aller me dire ? Eh bien tout simplement pour sauvegarder la vie des cordages. Car qui dit vent fort et / ou en rafales comme les williwaws, dit efforts et ragage considérable. Il était fréquent de s'amarrer sur des rochers. De plus le fait d'utiliser ces câbles d'amarrage, le travail en sera facilité car la rigidité des câbles elle-même permet souvent de les faire passer au dessus, derrière ou encore à travers un obstacle plus ou moins difficile d'accès. Donc bien pratique.

 

Il est bon de munir l'extrémité des câbles de grosses cosses de Nylon afin de protéger le cordage au point de retenue. En pratique, nos avions 4 câbles de 6 mm de diamètre (multibrins, souple genre filière). Deux de 4,5m et deux de 6 m de long. Ceux de 6m étaient bien plus faciles et adaptés à l'utilisation que les 4m, conclusion : il vaut mieux avoir des câbles longs !

 

Voir sur cette photo les câbles…

 

 

 

 

Technique de mouillage :

 

En Terre de Feu, nous cherchions toujours une caleta (toute petite baie) la plus petite possible. Ensuite si possible dans laquelle arrivait une rivière. En plus d'être poétique, la rivière était souvent synonyme de bonnes pêches, donc très utile.

Si la caleta avait une rivière on jetait l'ancre par moins de 10 m de fond et on culait vers le fond de la baie après avoir mis à l'eau l'annexe. Moïse se chargeait alors de partir rapidement vers un arbre ou un rocher repéré d'avance en tenant l'extrémité du câble lui-même attaché à l'haussière d'amarrage du dévidoir. Le fait d'avoir ces dévidoirs, le cordage "suivait" tout seul. Il faut même les freiner un peu sinon, ils se dévident plus vite que l'avancement du youyou !

 

Une fois un côté établi, il revenait au bateau pour faire l'autre. Les quatre coins du voilier étaient ainsi faits en moins d'un quart d'heure.

 

Dans le cas des caleta en eau profonde, cela arrivait parfois, nous ne jetions pas l'ancre (impossible si fonds supérieurs à 15m et / ou trop rocheux…). Dans ce cas, on maintenait le bateau en position au milieu de la caleta  au moteur. Dès le premier bout mis à terre, il était facile de se positionner pour les suivants. Ainsi, en Terre de Feu,  nous étions souvent "mouiller sans ancre", d'où cette expression ! La caleta était si petite parfois aussi que le bateau ne pouvait pas faire demi-tour à l'intérieur. Mais les bords rocheux étaient francs et apiques donc sans danger. Nous pouvions approcher les parois pour y manoeuvrer avec sérénité.

 

En pratique voici ce que cela donne :

 

 

 

 

Technique pour larguer :

 

Si l'amarrage était aisé, larguer est tout aussi facile, à condition toutefois d'avoir des cordages flottants.

Il suffit de larguer les bouts à terre de leurs câbles et de les enrouler depuis le bateau les uns après les autres. Une fois l'annexe et l'équipier remonté à bord, on part au ralenti. Il suffit alors de traîner les haussières dans le sillage et de les rembobiner sur leurs dévidoirs respectifs. Cette opération était toujours assez longue, parfois pénible avec des cordages gelés. Nous y étions en automne et hiver, cela se faisait parfois avec -5 ou -6° degré en dessous de zéro, le plus froid* que nous ayons eut était de moins 11°. En général, durant l'hiver il faisait entre zéro et moins 5° C. Mais bon ça réchauffe pour se mettre entrain ! Il fallait aussi déneiger le pont pour ne pas naviguer avec un fardage supplémentaire. Parfois aussi au préalable, dégeler les haussières sinon impossible de défaire les nœuds d'amarrage sur le pont ou les cosses des câbles.

 

* En Terre de Feu, les températures moyennes oscillent entre +8°C l'été et -5°C l'hiver. Ceci étant une moyenne normale. Ce qui veut dire que l'on peut avoir +18° l'été en plein soleil ou -15° l'hiver durant une tempête de neige ! Mais l'amplitude normale est faible entre les saisons, un chauffage est donc bien utile même pour y passer durant l'été ! Penser également à prendre des vêtements adaptés.

 

 

 

C'était la technique de mouillage sans ancre.

 

Qu'on se le dise …et bon vent !

 

 

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27/05/2010
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