Le Trésor Des Kerguelen

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132 Techniques de portage de charges lourdes...

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132 Techniques de portage de charges lourdes…

 

 

 

     Quand on vit en pays civilisé, on ne se pose pas même la question… Porter une charge lourde dans les bras ou sur le dos ne nous viendrait pas à l'esprit. Nous avons tellement d'ustensiles de portage que cette idée nous paraîtrait saugrenue !

En effet, nous avons immédiatement à portée de mains, une voiture, une brouette, un caddie, un diable quand ce n'est pas un trans-palette ou un chariot  élévateur, ne parlons pas d'une grue !

Mais qu'en est-il lorsque nous sommes au bout du monde, tout seul et que nous aurions à transporter de lourdes charges ? Je parle de charges transportables par un homme seul, évidemment !

Eh bien il ne reste que nos connaissances, notre savoir faire, notre propre force, simplement.

 

Là encore je me suis penché sur les peuples indigènes qui eux, utilisent des techniques ancestrales pour porter de lourdes charges. Pour citer ceux dont je me suis inspiré… : les Indiens d'Amazonie, les Sherpas de l'Himalaya  et les Quechuans des Andes.

J'ai eu l'occasion de les voir à l'œuvre, c'est vraiment impressionnant !

Sur le haut Orénoque, j'ai observé des femmes indiennes, porter sur leur dos un catouri plein de manioc et de bananes, il devait peser autour de 50kg et en plus avoir un bébé devant eux, porté dans une toile et se balançant contre leur poitrine…! Elles étaient en pagne et nu-pieds. Dans leurs mains, une machettes et quelques plantes ou fruits glanées par-ci par-là durant le retour au village. Durant cette "promenade", elles discutaient entre elles ou chantonnaient à l'occasion quelques mélopées...! Cela paraissait surréaliste : incroyable, mais bien réel.

 

 

Pour le plaisancier vivant seul en milieux isolés, la première corvée pouvant être qualifiée « de charge lourde » sera la corvée d'eau. Cela semble risible mais ce travail revêt un caractère fastidieux dès lors que la source est éloignée de vous et la quantité d'eau à charger, importante. Surtout si le seul moyen d'approche dont vous disposez reste la marche à pied et le portage à dos. Cela pourrait être du bois également si vous voulez faire du feu, des pierres pour vous confectionner un abri de fortune…, du gros gibier, que sais-je encore.../...

La vie de vagabond ne manque pas de surprises…

 

 

Première constatation : nous faisons de bien piètres porteurs à côté des indigènes (hommes comme femmes) qui, eux, déménagent allègrement sur leur dos, leur propre poids. Nous, nous en sommes loin. En moyenne, un homme occidental "normal et solide"  arrivera à porter, 40 - 45 kg mais guère plus et avec un effort soutenu !

Conclusion, nous avons beaucoup à apprendre de ces gens pour améliorer nos performances, c'est certain, car les indigènes, eux portent le double pour le même effort avec une endurance incroyable.

 

 

Alors quelles sont leurs techniques, à utiliser ?

 

     Eh bien en tout premier, il faut savoir qu'il est toujours indispensable de rassembler la charge à porter dans un cercle le plus petit possible et ceci au plus près de notre centre de gravité. Il vaut mieux avoir la charge au dessus de soi que autour.

Je m'explique…

Si vous voulez porter (par exemple) 2 jerricans d'eau de 20l. Nous, « bêtement », prenons les deux jerricans à bout de bras et allons-y ! On procède ainsi tout simplement parce que le constructeur de ces bidons nous offre une poignée de portage avec une forme de parallélépipède haut. C'est loin d'être la forme la mieux appropriée pour un portage aisé "type Sherpa". En effet avec cette forme, type jerricans, on n'a pas le choix du portage, c'est la manière simple sans accessoire de porter ces bidons à mains nues. Maintenant si ces jerricans avaient une forme carrée et plus plate, on pourrait aisément les empiler et ainsi en porter 3 voire 4 et sur le dos. Mais cela nécessiterait un harnais de portage idem à ceux des sherpas. De suite on constate qu'avec cette technique ce n'est pas 2X20 l (soit 40 kg) que vous pourriez porter mais au moins 3 sinon 4X20 l... (soit 4 X 20 = 80 kg) et là vous doublez votre capacité d'emport.

 

     Partant de ce constat, on s'aperçoit que porter de lourdes charges n'est pas histoire de force mais de technique.

Il m'est arrivé bien souvent de faire le plein d'eau du bateau avec des jerricans et d'avoir à porter ces bidons sur une bonne distance. Je procédais banalement à l'occidental mais il y a nettement mieux à faire.

 

Sur cet exemple ci-dessous, cela se passe au Vanuatu...

Nous faisons le plein d'eau à l'école du village après avoir réparé les installations cassé par le dernier cyclone "Paula"… Le point d'eau était à 500 m. environs du mouillage, sans possibilité de venir plus près en annexe (pâtés de corail affleurant partout). Le tout avec un soleil de plomb et 35° à l'ombre. Même Anne voulait y participer mais il fallait s'arrêter tous les 50m, canicule oblige. Dans ces moments, le mot corvée n'est pas usurpé ! Tous les enfants du village nous suivaient pour nous encourager.

La navigation de plaisance ? Mais c'est l'pied...


 

 

Balancier de portage…

 

     Une première aide consisterait à utiliser un balancier posé sur les épaules. C'est d'ailleurs une image d'Epinal que de représenter un porteur d'eau chinois ainsi (ou japonais - un grand classique du genre est le chef d'œuvre de Kaneto Shindo : son film « L'île nue », de 1961). Mais si cette technique est très ancienne, elle n'en est pas moins efficace pour porter des seaux (ou des jerricans) d'eau de façon aisée. Le poids sera limité toutefois car le polygone de sustentation au sol est large.

Illustration par exemple ici…

http://www.margotgrimal.fr/Flaneries/phHQ/charme.htm

 

 

     Une autre aide bien pratique pour porter deux seaux d'eau est de les maintenir écartés entre eux par un cerceau de barrique en bois (quelque chose de rigide en tous cas, formant un cercle - une jante de roue de vélo !). Cette technique était employée dans ma famille dans le Morbihan. Je ne sais pas si elle était employée ailleurs, mais en Bretagne c'était fort utilisé. Pour ma part je l'ai utilisé bien des fois. C'est vrai, ce cercle de maintien (il doit être rigide), posé à plat sur les deux seaux écartés et tenus en main avec l'anse des seaux permet de soulager l'effort. Surtout si en plus vous passer une sangle par vos épaules, accrochée aussi aux anses, c'est encore mieux.

 

 

Harnais de portage de type Sherpa…

 

     Ensuite pour porter une plus grande quantité d'eau, il serait possible de se faire un harnais à la manière des sherpas. Cela consiste à empiler des paquets sur le plan vertical pour avoir un polygone de sustentation petit avec un centre de gravité (CG) très proche de son propre CG. Là, on s'aperçoit que l'on pourrait arriver à porter 4 jerricans si ceux-ci étaient tenus empilés (2 par 2 sur 2 étages) et attachés dans un harnais. Ce n'est pas la charge en elle-même qui est difficile à gérer mais le déplacement possible de son CG, donc les efforts à faire pour maintenir son propre équilibre durant la marche.

En conclusion,  se rappeler ceci : toujours avoir un polygone de sustentation (volume du corps + charge, projetée au sol – avec le soleil au dessus de sa tête), le plus petit possible.

 

http://www.team9-15.com/wp-content/uploads/sherpa.jpg

ou encore…

http://www.trekmag.com/modpub/modules/news/upload/dir_2/images/b28dfa183dc76a9c69069822c3d5063a.jpg

 

 

Le port de charges lourdes à dos d'homme est donc bien une histoire de technique.

 

NB : Pour les sherpas, cela m'avait toujours semblé curieux de porter une lourde charge en mettant toute la charge sur une seule sangle portée à la tête. J'ai donc posé la question à un porteur…

Voici sa réponse… Je ne m'y attendais pas du tout…

« Si vous avez deux sangles passées à vos épaules et que vous progressez dans un passage étroit et dangereux,  eh bien si vous êtes déséquilibré, vous partirez avec votre charge au fond du ravin. Il sera impossible de vous dégager de la charge...Alors qu'avec cette sangle unique passée sur le front, vous pouvez vous dégagez de suite et rien ne vous relie à la charge. Cette méthode peut vous sauver la vie. »

Cette remarque est très juste et il vaut mieux perdre un paquet que d'y laisser sa vie.

Belle leçon !

 

 

Concernant le lever de pièces lourdes…

 

     Si vous deviez lever un objet très lourd comme un moteur, un mât, une dérive, ou autre chose, eh bien là il faut s'en remettre au palan si cher à la marine à voile. De plus pour réaliser une "grue", il faudrait alors construire une chèvre, un mât de levage type trépied (si celui-ci à 3 pieds !) appelé encore bigue…

 

Il est assez aisé de couper 3 troncs de petits diamètres et de les attacher par la tête. Ensuite on accroche le palan à ce sommet. Reste à faire la manipulation souhaiter. Seul, ce genre d'opération n'est pas si facile mais c'est réalisable. Voici un exemple de bigue faite pour la mise en place de la quille de Kerguelen… Une seule poutre utilisée, tenue par un câble ancré au sol.

Nota : le pied de la poutre est un T renforcé, de façon à assurer sa stabilité sur le sol et ne pas pivoter.

ici…


 

 

Conclusion…

 

     Se rappeler que pour porter efficacement des charges lourdes, il existe des techniques permettant de faire mieux et à moindre effort.

Ne pas hésiter à les mettre en œuvres le jour où l'on a besoin de se « charger la mule ».

 

 

 

 

Qu'on se le dise …et bon vent !

 

 

 

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16/06/2011
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