Le Trésor Des Kerguelen

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171 Le Travail à l’Etranger…

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171 Le Travail à l'Etranger…

 

 

     Bien des questions sur ce sujet.

Lors d'un grand départ, il est normal de se tracasser pour savoir s'il sera possible de travailler à l'étranger… ! A moins d'être retraité avec une bonne pension, chacun essaie de gagner sa vie chemin faisant. Mais il n'est pas toujours aussi aisé qu'on le croit de « faire bouillir la marmite ».

 

 

 On va considérer deux grands cas…

L'escale dans les Tom-Dom et les escales dans des pays étrangers.

 

 

 

Escale dans les Tom-Dom.

 

 

    Quand on arrive dans un Tom-Dom, il faut savoir que, en tant que nationaux métropolitains français, vous serez considéré en pratique comme des étrangers. Cela veut dire en clair que vous pouvez y rester six mois sans problème mais que vous n'avez absolument pas le droit d'y travailler (vous pourriez, certes travailler, mais en s'acquittant auparavant de l'Octroi de mer) !  Après ce délai, il y aura des formalités à faire, pour le bateau, pour vous parfois aussi…

 

     Il y avait déjà l'Oncle Picsou, il y a aussi l'Oncle Tom-Dom, c'est son cousin...

     Trop nombreux sont ceux qui arrivent dans nos fameux Départements et Territoires d'Outre-Mer (les Tom-Dom) et qui ignorent les problèmes liés à cet Octroi de mer*. Théoriquement, cette taxe ne vous est réclamée que lorsque vous dépassez les six mois de "franchise temporaire" que l'on vous accorde d'emblée (à condition toutefois de ne pas exercer d'activité lucrative sur le dit territoire). Si, comme nous, vous avez fréquenté beaucoup de Tom-Dom, vous avez pu constater l'iniquité liée à l'application de cette très vieille loi... Mais bon, passons sur cette hérésie ; il y aurait de quoi préparer un Doctorat à Sciences-Po ! Cet Octroi de Mer s'applique dans tous les Tom-Dom avec plus ou moins de souplesse, de rigueur et des taux variables.

 

Mais un cas particulier : celui de la Polynésie...

Car en plus de l'octroi de mer on va vous réclamer une "caution de rapatriement"…

 

Qu'est ce que c'est que-çà-que-c'est ?

 

     Bien qu'elles soient Françaises de nom, il vous faudra comme tout étranger débarquant sur le territoire de la Polynésie, "faire preuve d'une possibilité de retour vers votre pays d'origine" (?)... En clair, ça veut dire qu'on exige que chaque personne du bord, soit en possession « d'un billet avion de retour ou de continuité de voyage » !

- "Et nous alors, qui arrivons avec notre rafiot, à la voile ou à la godille...?"

- Eh bien, il faut en acheter un ou bien déposer l'équivalent de ce(s) dit(s) billet(s) en caution à la Caisse des dépôts et consignations ! ...Vlan.

 

     Comme ce billet doit pouvoir être valide n'importe quand, c'est naturellement le prix du billet le plus cher qui vous sera demandé. Comment appelez-vous ça, vous ? En terme administratif, ça s'appelle une "caution de rapatriement"... Moi j'appelle çà du racket ! Une astuce, consiste à prendre la valeur du billet pour le pays étranger le plus proche, donc le moins cher (Hawaï, accepté pour nous !). On veut bien participer à "l'enrichissement" de ces territoires, mais faut pas pousser au vice, quand même.

 

     Ce n'est pas pour autant terminé. Ça c'était pour les personnes. Maintenant il reste les "biens", c'est à dire le bateau. Partant toujours du bon vieux principe que Marianne vous accorde six mois d'importation en franchise temporaire (IFT) à partir du jour de votre arrivée, il vous faudra vous rapprocher, une nouvelle fois, du coffre de l'Oncle Tom-Dom avant l'expiration de vos six mois fatidiques. Et le Tonton Picsou vous accordera six autres mois (plus que jamais fatidiques!) supplémentaires de visite. Cela, moyennant le dépôt d'une caution correspondant à la taxe d'importation de votre "maison flottante". Soit 20% de la valeur vénale de votre bateau. Le tout effectué via un transitaire dûment connaisseur et dûment rétribué. C'est la "Papeetisation" !

 

     Pour nous, pauvres constructeurs amateurs, nous avons dû fournir un dossier complet de factures de ...la construction du bateau (d'où l'importance de les posséder, pour une construction amateur) ! Dossier poussiéreux que nous avons dû ressortir des tiroirs et nous le faire envoyer par la famille... C'est "très simple" tout cela, comme vous imaginez bien. Pour finir cette histoire de taxes, eh bien si vous dépassez la date fatidique, l'ultime butée des douze mois de présence totale en Territoire Polynésien, la caution du bateau tombera définitivement dans l'escarcelle de l'Oncle Picsou de Tahiti (notez le « de », un bourgeois de première !). Vous pourrez continuer votre tour du monde en étant extrêmement fier, car vous aurez contribué à "l'investissement pour l'avenir" de ces Terres Lointaines et Paradisiaques de la Polynésie Française. En partant vous n'oublierez pas de récupérer les cautions de rapatriement, près de vos usufruitiers favoris (Préfecture – caisse des dépôts…/…), si on ne vous a pas "bouté hors des frontières" avant, bien sûr.

 

     Conclusion, en arrivant à Papeete, attendez-vous à voir votre compte en banque dévalisé en attendant que vous n'en repartiez. Qui serait comptant de pareil razzia...? Nous ne nous étendrons pas d'avantage sur ce sujet épineux. Mais il faut quand même le savoir car il fait partie des surprises de la visite aux Tontons d'Amérique ou de Polynésie.

     Dernier petit détail pratique pour les "étrangers hors CEE", ils ne peuvent pas séjourner avec leurs bateaux, sur ce territoire durant la saison des cyclones (15 novembre au 15 avril).

 

* Octroi de mer : Cette taxe dans les Tom-Dom a été reconduite au 1 janvier 2005 pour 10 ans par la commission de la CEE.

 

     Pour la petite histoire cette taxe a été inventée par Jean Baptiste Colbert, fieffé ministre des finances de Louis XIV pour se libérer de l'aide financière faite aux communes. Celles-ci étaient donc autorisées à prélever un impôt direct : « l'Octroi » sur toutes les marchandises qui entraient dans l'enceinte des villes. Ainsi le Bon Roi et sa cour n'avaient plus à les aider financièrement. Plus tard en 1819, "l'octroi aux portes des villes" s'étendra "aux portes de la mer" pour tout ce qui arrivera par bateaux depuis les « colonies des Antilles et de Navarre ». Cet impôt, qui avait été créé provisoirement pour aider le Roi Soleil à limiter ses dépenses, a encore cours aujourd'hui. C'est exactement comme la vignette voiture en somme qui devait aider provisoirement nos petits vieux !

Après cela il faudrait croire les politiques ? Fieffés menteurs et hypocrites, tous !

 

     Pour les fonctionnaires mutés dans ces territoires, et qui amènent leur bateau par leur propre moyen, une exonération de cet Octroi de mer est possible (est intégré au déménagement). Se renseigner auprès des autres navigateurs ou des douanes qui ne manqueront pas de venir vous rendre visite de toutes façons. A une certaine époque, la Douane faisait une chasse sans merci aux plaisanciers Guadeloupéens pour cet Octroi de Mer. A tel point qu'une association avait vu le jour pour se défendre contre ces abus. Une amende leur était infligée d'un montant double de l'Octroi considéré, autrement dit, c'était une fortune ! Dans le même genre, un « droit de passeport » avait même été créé (début des années 80), ce qui avait faire fuir dans les îles étrangères voisines tous les bateaux des DOM qui travaillaient au charter. Voyant l'hémorragie qui en suivit, la Douane s'était assouplie mais il faut rester vigilant car cela pourrait entraîner de graves conséquences pour vous et/ou le bateau (saisie). Donc bien se renseigner dès votre arrivée.

 

 

 

Le cas de la Nouvelle Calédonie…

 

 

     Ce cas n'est pas vraiment un cas particulier en soi mais son éloignement et son isolement en fait un cas unique.

Si Tahiti lui ressemble par son isolement identique, actuellement on ne se rend pas en Polynésie pour y travailler. Ces îles sont minuscules et, par conséquent le travail y est rare. Seul le tourisme y est développé et encore reste t-il un tourisme de luxe. Cette activité stagnera donc dans un statut "élitiste" sans développement notoire eu égard de la place disponible sur ces îles et dépendances.

 

Par contre, pour la Calédonie qui est en plein essor industriel avec le développement de deux grands centres de production de nickel, le travail ne manque pas. Le centre de Vale-Inco dans le Sud qui tourne à plein régime depuis peu et l'usine du Nord en construction, sont des atouts majeurs pour assurer un avenir aux générations à venir. Le travail est donc en plein essor et de nombreux postes techniques actuels sont pourvus par des étrangers, expatriés sous contrat, faute de trouver sur place les spécialistes nécessaires. De plus la population de ce territoire augmente régulièrement. Les services et les besoins progressent donc aussi en proportion. La place au sol ne manque pas en Nouvelle Calédonie, d'ailleurs la construction pour l'habitat est en plein essor dans la grande périphérie de Nouméa car le centre ville est saturé. La circulation aux heures de pointe, ne cesse de congestionner !

 

Pour ceux qui veulent y tenter leur chance, c'est maintenant où jamais qu'il faut y aller.

Une chose cependant à savoir avant de vouloir s'y installer, c'est que la vie y est très chère sur ce Territoire. Il est toujours difficile de donner une comparaison mais je dirais en moyenne qu'il faut compter entre 20 et 25% de plus de moyens financiers pour vivre que dans une grande ville moyenne française. Les loyers sont presque aussi chers qu'à Paris si on veut se loger dans le centre de Nouméa (exemple un T2 meublé dans le centre de Nouméa : 120000 FCP soit 1000 € par mois). Sur Nouméa, il est impossible de trouver une voiture (moyenne) d'occasion en dessous de 3000 €. Et à ce prix là, vous n'aurez qu'une "vieille caisse", guère mieux !

Je rentre de Calédonie (mars 2012) où je suis aller rendre visite à mon fils qui habite et travaille là depuis 18 ans maintenant. Eh bien, je n'en suis pas revenu de constater l'augmentation du coût de la vie sur ces 5 dernières années ! Le prix de l'essence est identique à la métropole, mais c'est tout le matériel de consommation courante qui est cher, y compris la nourriture au quotidien. Au marché de Nouméa, il n'y a que le poisson qui soit encore bon marché (de 600 à 2500 CFP le kilo soit de 5 à 20€ le kilo). Les fruits et légumes sont très chers et là je parle de fruits ou légumes locaux (papaye, mangue, ananas, pitaya, letchis, bananes, poingo, patate douce, taro, igname, salade... (rien à moins de 300 FCP - 2,5€ le kilo). Les fruits importés : pommes, poires, raisin, etc... compter le double ou le triple !

La grande majorité des biens de consommation arrivant de l'extérieur (bateau ou avion), ce sont les importateurs ainsi que la grande distribution qui dictent leur loi.

 

Avant de partir s'installer pour le « Caillou », il faut savoir tout ça et donc avoir quelques réserves financières pour s'assurer un bon démarrage. Mais ce pays multi ethniques est beau, grand, c'est un vrai petit paradis sur le plan géo-bio-diversité. Je ne parle même pas du lagon qui est d'une rare beauté et un plan d'eau immense garnis d'îlots idylliques...

D'ailleurs, il a été classé au patrimoine mondial de l'Humanité, c'est dire.

 

 

 

 

Escale dans un pays étranger…

 

 

     Si les Tom-Dom amènent autant de soucis que de bonnes choses, les pays étrangers peuvent être bien différents les uns des autres.

 

En effet autant de pays autant de mœurs, autant de réglementations, autant de bonnes ou de mauvaises surprises.

 

Il faut savoir que lorsque vous entrez dans un pays souverain, vous y êtes admis en tant que visiteur. Cela sous-entend que vous disposez seulement d'un visa touristique. Ce visa ne donne absolument pas le droit d'y avoir une quelconque activité lucrative. Si telle est votre souhait il faudra demander un visa spécial. Là, bien souvent, commence les vrais soucis. Car qui dit formalités administratives, dit dossiers, dit entrevue, dit paiement de taxes, dit maîtrise de la langue pour comprendre, s'expliquer et obtenir le sésame escompté. Pas si facile.

 

Conclusion, si vous envisagez de travailler dans un pays et ce, quel qu'il soit, il faudra commencer par apprendre la langue que l'on y parle ! Après cela, il sera peut-être possible d'y obtenir un visa de travail. Mais sachez que bien souvent le protectionnisme existe même s'il n'est jamais reconnu ouvertement. Il faudra vraiment posséder une formation pointue ou d'excellence pour s'y faire une place au soleil.

 

Parmi les métiers qui peuvent plus facilement se pratiquer à l'étranger on trouve… entre autres, la liste est donnée à titre indicatif…

…boulanger, pâtissier, cuisinier, tout métier de la restauration "à la Française", infirmier, technicien de maintenance industriel ou de domaines pointus, soudeur spécialisé, interprète, professeur avec spécialité de langue. Enseignant, médecin ou ingénieur seront des niveaux appréciés en général. Mais une maîtrise ou un doctorat sera toujours plus difficile à exploiter qu'un bon CAP ou un BAC technique spécialisé. Surtout si vous possédez déjà une petite expérience réussie dans votre domaine de compétence.  

 

 

 

Enfin le Système « D »…

 

     En voyage, on pensera forcement au système D.

Par là, on entend tout travail qui pourra « mettre du beurre dans les épinards ». Cela peut aller à la pratique du charter avec son propre bateau de façon occasionnelle mais aussi faire des petits travaux sur les autres bateaux de rencontres ou même sur place dans les mouillages, marinas ou chantiers de carénage, là où vous serez.

Mais cette fois, attention…

     Car qui dit travail en marge de la réglementation, dira aussi une certaine surveillance du milieu professionnel dans lequel vous évoluerez. Quand on arrive dans un port ou un mouillage, les autres habitants, natifs ou occupants des lieux, auront vite fait de vous observer. Si vous arrivez pour de suite "leur prendre une partie de leur gagne-pain", les ennuis vont vite tomber sur vous et vos jolis rêves vont s'envoler illico ! En effet, il faut être prudent si on veut gagner quelques sous lors d'une escale car cela ne doit pas se faire au détriment de la communauté en place.

 

Le mieux est de s'imprégner du milieu, se faire des connaissances ou même des amis parmi les gens de la place. Seulement ensuite, on pourra proposer des services qui leur apporteront un plus dans leur quotidien. Là les choses seront perçues avec plus de bienveillance et d'acceptation.

Mais encore une fois, il faut y aller doucement et bien respecter les coutumes locales. Celles-ci parfois sont complètement différentes des nôtres !

 

Enfin, il faut savoir que le salaire de base perçu dans un pays n'est pas forcement celui en vigueur dans cet autre pays.  Exemple concret…Si un prof gagne 2500€ en France, le même prof va gagner 400$ en Amérique du Sud. Dans beaucoup de pays que j'ai visité, les gens, au quotidien, avaient 2 ou 3 métiers différents pour mieux gagner leur vie ! Alors vous qui arrivez tel un joyeux vagabond des mers du Sud, ne croyez pas devenir riche en peu de temps. L'époque des conquistadors est révolue. La discrétion et la diplomatie sont de rigueur avant de pouvoir poursuivre la route en toute sérénité. Mais cela est possible, bien sûr !

 

 

 

 

Qu'on se le dise …et bon vent !

 

 

 

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03/03/2012
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