Le Trésor Des Kerguelen

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266 Mouiller : de quelle manière et pourquoi …

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266 Mouiller : de quelle manière et pourquoi …

 

 

 

     Il y a bien des façons de mouiller son bateau. Mais parfois une méthode sera nettement meilleure pour ne pas dire quasiment obligatoire en fonction de la nature ou de la conformation du lieu ou du fond, de la météo, du vent ou encore de l'état du plan d'eau…

Alors voici un petit résumé des différentes méthodes et les raisons qui pourraient nécessiter d’en utiliser une plutôt qu’une autre.

 

 

 

  1. Mouillage simple ou appelé communément forain.

     C’est le plus utilisé, certainement. On mouille de 5 à 7 fois le fond en général. Le bateau se positionnera alors en fonction du vent et/ou du courant sur un grand cercle d’évitage. Se rappeler aussi qu’une gueuse de plomb, glissée sur la ligne du mouillage, permet de limiter son déplacement en plus de gagner énormément en efficacité sur sa tenue. Une ancre type « soc de charrue » (genre CQR, Delta, Bruce...) conviendra bien pour sable, vase, coquilles (ou mélange). Une ancre type à pelles plates, classiques (Genre FOB, Britany, Marrel par ex…), conviendra mieux sur fonds très herbeux. Pour les fonds de roches, tous les types d’ancres conviennent mais certaines seront plus difficiles à sortir surtout avec présence de rochers morcelés et/ou d'anfractuosités… Ne pas hésiter dans ce cas (ou de doute), d’équiper l’ancre d’un orin de relevage.

 

 

 

  1. Mouillage double par embossage.

     Sur l’avant on mouille l’ancre principale normalement et sur l’arrière on mouille une seconde ancre dans la ligne de foi du bateau. Ce mouillage annule pratiquement le rayon d’évitage classique. Cependant, il faut faire attention avec ce genre de mouillage dans les endroits sujets à marée car le bateau peut par basse mer se faire un croche-pied (rotation complète) en emmêlant les deux lignes de mouillages.

Ce type de mouillage sera à utiliser également sur forte pente. Dans ce cas, on peut très avantageusement remplacer le mouillage avant par une ligne tirée à terre et frappée sur un arbre ou de gros rochers. Un morceau de petite chaîne ou un câblot seront les bienvenus pour s’amarrer ainsi à terre. En effet, une ligne « métallique » aura l’avantage de s’enfouir dans le sable (ou s’immerger) et donc d’empêcher toute vermine de monter à bord (fourmis, cafards, scolopendres, y compris les rats…).

 

 

  1. Mouillage double par affourchage.

     Sur l’avant on mouille donc ainsi la ligne principale puis on se décale de 80 ou 90° sur le côté pour mouiller la seconde ligne de mouillage. Ce type de mouillage réduit notablement le rayon d’évitage mais ne doit pas être envisagé par gros temps. En cas de dérapage, les deux lignes peuvent venir s’emmêler.

 

 

  1. Mouillage double par empennelage.

     Cette fois on frappe le second mouillage au bout du premier tout simplement. Ce type de mouillage est particulièrement recommandable par mauvais temps. Cette manœuvre demande de la place et de l’allongement mais il est très efficace dans la piaule.

 

 

  1. Mouillage Bahamien.

     Il s’agit encore une fois de positionner deux lignes de mouillages. La principale se met à l’avant normalement puis la seconde se disposera vers l’arrière mais cette fois un peu sur le travers. Ce type de mouillage est à installer dans les zones soumises à de forts courants comme les estuaires par exemple. Egalement dans les passes surtout si l’endroit est resserré ou étriqué. Il permet de laisser du mou entre les deux points d’ancrage donc d’éviter et d’inverser la position du bateau sans se crocher les lignes tout en réduisant la zone d’évitage.

 

 

  1. Mouillage sans ancre.

     Cela peut paraître curieux mais il est des occasions où il vaudra mieux ne pas utiliser ses ancres, d’où cette appellation anachronique de « mouillage sans ancre ». C’est le cas par exemple dans les fjords de Patagonie ou du Grand Nord (européens comme américains)– aussi en Méditerranée dans certaines petites criques rocheuses (Baléares, Croatie, Iles grecques, Turquie…). Les fonds peuvent passer brutalement de 5 à 20 ou 30m de profondeur. Il est donc incertain et très risqué de compter sur un mouillage classique. Ceci sera d'autant plus d'actualité que ces endroits seront sujets à des vents rabattants puissants (révolins, meltem, williwaw, vents catabatiques...). Dans ces conditions, la meilleure façon de s’ancrer sera de disposer de grandes longueurs de bout' et de s’amarrer sur les arbres ou bien les rochers. Du cordage flottant sera indispensable pour pouvoir quitter le mouillage en traînant les haussières pour les reprendre à bord tranquillement sans risquer de les voir happées dans l’hélice. A bord, nous disposions de 4 lignes de 18 mm en polypropylène flottant de 64 m chacune avec des câbles en inox de 6 mm de diamètre et de 6 m de longueur (munis aux extrémités de grosses cosses Nylon – permet d’y passer les cordages sans raggage excessif). Des dévidoirs établis à poste, étaient très utiles pour toutes ces opérations particulières.

 

 

 

 

Qu’on se le dise …et bon vent !

 

 

 

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28/03/2016
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