Le Trésor Des Kerguelen

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284 Risques associés aux sports nautiques...…

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284 Risques associés aux sports nautiques...…

 

 

     Quand on parle de sports nautiques, on pensera inévitablement, tôt ou tard, à noyade... Cela semble naturel. Pourtant on est loin de se douter qu'il existe un autre danger bien plus réel et plus grand qui nous guette, on n'y pense que rarement : c'est l'hypothermie !

D'après les spécialistes de la survie, il y a risque d'hypothermie dès l'instant que la température de l'air ambiant additionnée à celle de l'eau (dans laquelle on tomberait), soit inférieure à 50°C. Eh bien là, on s'aperçoit que cette limite pourrait être très facilement rencontrée. Et il n'y a pas besoin d'être en pleine période hivernale ou en zone Arctique pour cela... En effet, avec de l'eau à 20° et de l'air ambiant alentour à 30°C, on va rarement penser que, si on tombe à l'eau (sans être particulièrement protéger par une combinaison de plongée), on pourrait être exposé rapidement à une hypothermie. Pourtant c'est bien le cas d'après la formulation des sauveteurs (car déjà là... 20° + 30° = 50°C). Il suffit alors que l'un de ces deux paramètres passe en dessous pour tomber dans cette fameuse plage de température critique (< à 50°C) !

Ce danger de l'hypothermie est réellement le tout premier danger qui nous guette quand on tombe à l'eau. Ceci sans secours possible rapidement comme cela pourrait être le cas en passant par dessus bord depuis un bateau dans nos régions tempérées (et cela même en été !)...

Résumé : tempé air + tempé eau < ou = à 50°C... = DANGER d'hypothermie.



Les facteurs déterminants à l'hypothermie...

     D'un autre côté, pour survivre, bien des facteurs (autres que ces deux températures de base), vont aussi entrés en ligne de compte. Beaucoup d'études ont été faites sur le sujet...

Voici un tableau qui indique en fonction de votre propre physiologie cette fois (comme « maigre ou gros, grand ou petit, poids et sexe...), quelles seront vos chances et durée de survie en fonction de tous ces paramètres que sont la température de l'eau, la durée de séjour dans celle-ci, votre corpulence, etc...

Ce graphe est en anglais car tiré d'un site canadien de survie mais il est facilement compréhensible...

 Hypothermie01.jpg

 

On voit de suite que les femmes seront mieux défendues que nous autres « mâles » et que les gros en surpoids, seront nettement plus à l'abri de l'hypothermie que les maigrichons (lean) ! Il n'y a rien d'étonnant à cela. Il suffit de regarder la constitution physiologique d'un phoque ou d'une otarie pour comprendre que ceux qui ont une bonne réserve de graisse tiendront dans l'eau froide beaucoup plus longtemps que ceux qui n'ont que la peau sur les os !

 

Chute en eau froide, comment résister le mieux... ?

 

     Si vous tombez à l'eau par accident, cela sous-entend que vous n'êtes pas spécialement préparer « pour un bain » ! Vous allez donc avoir sur vous, les vêtements habituels de ce lieu « d'accident » ! Dans ce cas, il vaut mieux avoir en plus sur soi, un gilet ou une brassière de sauvetage (d'où l'importance de le mettre en navigation risquée) ou encore quelque chose au moins permettant une meilleure flottabilité sans avoir à nager pour cela. En effet si vous devez nager pour vous maintenir en surface, vous allez de suite perdre de précieuses calories à surnager. De plus, les mouvements du corps dans l'eau vont être de nature à une plus grande déperdition calorifique et au final, cette conséquence de devoir nager sera doublement néfaste.

Première chose, il sera bien préférable de se concentrer au maximum sur soi-même, bras et jambes collées le plus près possible du torse en se recroquevillant au maximum. Si vous êtes plusieurs personnes à l'eau, se serrer les unes contre les autres pour conserver le plus possible la chaleur du groupe. C'est ainsi que font les manchots empereurs en Antarctique pour se protéger des vents catabatiques.

 

Ensuite, il faudra adopter une attitude reposante au maximum. Ne pas parler, ne pas bouger, respirer le plus calmement possible et avoir des pensées positives en conservant l'espoir d'être secouru rapidement. Certes, ce n'est jamais facile de procéder ainsi mais très souvent les conséquences et les résultats d'un accident seront fortement assujettis au comportement, au moral et aux connaissances des personnes qui en seront les victimes. Anticiper ce genre d'événements sera donc toujours synonyme de « chances, mises de son côté » !

 

Si ce n'est pas l'hypothermie qui nous guettera dans ce milieu aquatique, restons ouverts mais réalistes, bien d'autres dangers pourront exister, venant de son environnement cette fois...

 

 

 

Chute en eaux troubles avec courants...

 

     Il n'est pas rare à bord de nos bateaux d'avoir à mouiller dans un estuaire. Et qui dit estuaire dira bien souvent, synonyme d'eaux troubles et de courants. Ceci sera d'autant plus vrai que vous serez en climat tropical ou équatorial car les pluies y sont fortes et fréquentes. Le danger qui nous guette alors à ce moment-là serait de ne pas s'apercevoir de suite, si un équipier venait à passer par dessus bord. En effet, dans la minute même qui suivra la chute, il sera impossible de voir ni de savoir dans quelle direction aura dériver la personne ! Dans des eaux limoneuses, le corps se recouvre de boue rapidement et là, même des vêtements colorés en vif vont se souiller et se confondre avec la couleur de l'eau. Le courant, le clapot et la monotonie des flots seront de nature à tout embrouiller rapidement.

Toute ma vie, je me souviendrai de ce couple de navigateurs en escale à Cayenne (vers la fin des années 80), mouillés devant le fleuve Mahury et dont la petit fille, âgée de 4 ou 5 ans seulement, est passée par dessus bord dans un moment d'inattention. L'eau étant couleur chocolat avec de forts courants, elle n'a jamais été retrouvée malgré la mobilisation de tous ! Un drame épouvantable, plus encore peut-être pour ces parents qui étaient médecins tous les deux...

 

     Quand on est mouillé dans ces circonstances, il faut donc prendre des mesures drastiques afin que si cela se produisait, on puisse intervenir de suite avec le plus de chance d'apercevoir la personne dans l'eau.

 

En premier il faut que toutes les personnes présentes à bord portent un gilet ou quelque chose sur soi permettant de se faire repérer dans l'eau, tout de suite. J'ai parlé souvent de cette enveloppe gonflable, aluminisée (de cubitainer de vin), que l'on peut mettre dans sa poche. Il suffirait de la gonfler (à la bouche) si vous tombiez à l'eau et, avec çà, vous avez une bouée qui sera en plus un excellent repère, bien visible sur l'eau (même détectable au Radar, j'ai essayé). Pour les petits enfants, il faut impérativement les surveiller car je comprends bien qu'ils ne peuvent pas vivre avec une brassière sur le dos en permanence. C'était notre cas à bord de Kerguelen avec nos deux enfants, ils avaient rarement un gilet, seulement par très mauvais temps. Il y a aussi ces petites bouées de bras qui sont efficaces tout en étant moins envahissantes sur le corps qu'un vrai gilet de sauvetage.

 

En second, toujours au mouillage, il faut que l'annexe soit à l'eau, accrochée au bastingage du bateau, avec son moteur prêt à être utilisé. Cela paraît évident mais on n'y pense pas forcément et permettrait de gagner de précieuses minutes sur une intervention éventuelle. Dans cette annexe, y laisser aussi une bonne lampe torche car les nuits sont longues en climat tropical. Cela serait encore du temps de gagner lors d'une urgence de nuit, du type "homme à la mer".

On peut également laisser traîner un cordage à l'arrière du bateau. Ce traînard ne serait vraiment pas superflu, particulièrement en route et en haute mer. Si vous tombez à l'eau, il suffit alors de nager vers le sillage du bateau et là, vous saisissez le traînard. Il faut savoir cependant qu'il est très difficile de pouvoir se tenir (avec les mains) sur une corde en étant traîner dans l'eau. Ceci même à faible vitesse. Il est donc indispensable d'avoir un harnais et de passer aussitôt le mousqueton sur la corde. Il faut donc par conséquence, qu'il y ait aussi à l'extrémité de celle-ci un arrêtoir (petite bouée solide, anneau, ou autre...). Nous avons fait cette expérience d'un homme à la mer, depuis le voilier par beau temps et mer calme à la vitesse de 4 Kts (seulement). Eh bien mon épouse n'avait pas pu me ramener à bord même en s'aidant d'un winch (traînard de 60m en filin flottant de 8mm). Il a fallu mettre en panne le bateau complètement pour pouvoir remonter à bord. Belle leçon ! Mais un tel traînard a déjà fait ses preuves pour des navigateurs solitaires en particulier... Dans ce cas de "solitaire", il faut que le traînard puisse agir (tirer) sur la barre. Ainsi, actionné par la charge traînée, le bateau va changer de cap et venir mourir sur son erre pour prendre une allure de cape. C'est de la préparation tout cela mais indispensable pour des navigations hauturières en solo.

 

 

 

Chute dans des eaux habitées par des créatures pas vraiment sympas...

 

     En Amazonie (et tout bassin de forêt primaire, idem...), en eau douce, dans les fleuves, rivières, creek ou iguarape, il fréquent de trouver des gymnotes et celles-ci peuvent être dangereuses par l'effet paralysant de leurs décharges électriques. D'où ce danger si vous marchez dessus ou bien nagez parmi elles si elles vous touchent. Certains gros poissons peuvent être agressifs également comme l'aïmara... Il y a également les pyranas ou les cétopsis qui sont dangereux car ils se déplacent en banc compact et sont très voraces. Mais on trouvera encore les serpents comme l'anaconda qui vivent dans l'eau douce et qui peuvent s'attaquer à de grosses proies comme un être humain (rien qu'en Guyane : 3 attaques bien connues). Ou encore les caïmans en Amérique centrale ou du Sud. Enfin le crocodile de mer qui est présent dans toute la partie tropicale de la mer de Flores (Australie du Nord, Salomon, Micronésie, Papouasie-Nouvelle Guinée, Indonésie - Irian Jaya). On les trouve aussi bien en eau douce, rivières ou marécages, qu'en bordure de mer depuis les mangroves jusque sur les grandes plages ouvertes. Ils sont vraiment puissants et dangereux.

 

Pour tous ceux pratiquant la planche, le surf ou le Kite-surf, il reste enfin les requins. On en parle assez souvent dans les médias à cause des accidents pour savoir que ce risque est bien réel. Il ne faut donc pas s'aventurer seul dans des endroits que l'on ne connaît pas ou bien réputés comme étant à risque. Et malgré cela....

Une fois en Calédonie dans les années 95, nous étions une bonne vingtaine de voiliers mouillés (par 9 m de fonds) devant l'îlot Maître, juste à la sortie du port de Nouméa autrement dit... Nous venions juste de sortir de l'eau (tous les 4 du Kerguelen) après un agréable bain quand une femme d'un bateau voisin, encore dans l'eau elle, juste à côté de nous, s'est mise à crier... Elle venait de se faire attaquer par un requin, surgit du fond sans prévenir, et qui l'a cruellement mordu à la main. Comme quoi, même quand on n'est pas seul, on n'est pas forcément à l'abri d'une attaque. A ce moment-là, c'est la proximité d'une aide ou des secours, qui vous sauvera.

 

 

 

Courants de baïnes, (de bâches en Bretagne)...

 

     Ces courants très localisés le long des côtes sont dangereux. J'ai fait un article spécifique pour expliquer le fonctionnement de ces courants sournois et comment s'en sortir... On les trouve partout dans le monde maritime. Voir directement l'article ici... Astuces 2 - 249.

 

 

Qu’on se le dise …et bon vent !

 

 

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24/06/2017
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