Le Trésor Des Kerguelen

Chapitre 117 - Opération Abordage

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Chapitre 117


OPERATION ABORDAGE

 

 

     La fin de l'année scolaire approche et annonce le grand départ en vacances. Cette période de l'année, nous l'avons vérifiée maintes fois même dans les petits villages les plus reculés, suscite un enthousiasme particulier. Ce dernier trimestre, dans la famille Danilo (faisons une entorse aux sempiternels Kerguelen), de nombreuses soirées et fins de semaines ont été consacrées à la préparation de la prochaine expédition familiale : la remontée de l'Orénoque !


     Peu de voyageurs ont prospecté ce grand fleuve. Aussi avons-nous eu beaucoup de mal à trouver des documents relatant les aventures des explorateurs partis sur les traces de l'allemand Alexander Von Humboldt (Voir Nota 1 en bas). Il fut le tout premier observateur à visiter ce site géologique qui passe pour être l'un des plus anciens du nouveau monde.


     Nous quittons Pariacabo, le port de Kourou, avec la renverse de la marée. Une petite halte aux Iles du Salut nous permettra de fignoler les derniers rangements. Nous aimons beaucoup agir ainsi, faire un faux départ en quelque sorte...


     Quitter le port, la marina ou le mouillage principal, pour aller se mettre en "quarantaine" à quelques encablures seulement, ne serait-ce qu'une journée, nous aide énormément à couper les liens. Posément, nous nous remettons dans l'ambiance de la navigation. La route se calque dans la tête, la météo dans les yeux, le bruit du vent dans les oreilles et les mouvements du bateau... dans les jambes. A terre nous perdons vite ces bons réflexes, indispensables, et cette journée de transition est bénéfique pour la réussite de chaque voyage. Cinq jours de vent de travers ou de largue devraient nous mener au seuil du grand delta de l'Orinoco : San José de Amacuro. C'est une petite station de pilotage sur la rive droite de l'entrée principale du fleuve : le Boca Grande.


     Nos habitudes de marins routards sont à peine retrouvées que, dans l'après-midi du troisième jour, un événement insolite vient troubler notre petite vie tranquille et bien rodée…

 


     Kerguelen musarde au petit largue sous une brise légère et stable. Je suis affairé sur le pont de pêche arrière à démêler, une fois encore, une ligne à thon qui vient d'accrocher un paquet d'algues dérivantes... Quand tout à coup, j'aperçois un bateau qui arrive à toute vapeur vers notre poupe sur bâbord ! Je l'estime à deux milles environ seulement. Je m'étonne de ne pas l'avoir remarqué plus tôt car nous faisons régulièrement un tour d'horizon. Ce coup d'œil "circonférenciel" fait évidemment partie de la check-list de sécurité en route...


     Un cargo, de façon habituelle, se remarque aisément entre six et huit nautiques de distance ; plus, s'il est de grande taille. Pour un bateau de pêche moyen, par exemple ce type de chalutier, on les remarque quand même à trois ou quatre milles minima. Ces distances sont, par ailleurs, fortement augmentées la nuit grâce à leurs feux de tête de mâts...


     Mais celui-ci... Niet !


     J'alerte aussitôt le reste de l'équipage, comme à chaque fois qu'il se passe quelque chose... Le moindre objet flottant ou volant, fût-il ou non identifié, assure une petite récréation à toute la maisonnée. Au large, un évènement n'est pas si fréquent... Contrairement aux croyances, en haute mer, il ne se passe jamais rien : c'est le vide le plus "complet" et aussi le plus reposant qui soit. Ceci explique que le moindre goéland ou marsouin, aéronef ou morceau de bois, bateau ou bruit nouveau qui vient rompre la monotonie de cet environnement, se remarque assez vite. Bien sûr, il faut que la mer soit relativement belle et le temps clément, mais ce sont quand même souvent ces conditions qui règnent au large, fort heureusement. Ces divertissements mettent de l'animation sur le pont à chaque fois, pendant un bon quart d'heure...


     Aujourd'hui est donc une exception, elle confirme la règle, dit-on...


     Ce bateau-ci est un chalutier de haute mer. Il est reconnaissable de loin (normalement !) à ses deux tangons latéraux permettant de tenir écartés les deux filins tracteurs du chalut. Ses panneaux déflecteurs sont hissés, il n'est donc pas en pêche. Cela lui confère une allure dandinante comme celle d'un cormoran écartant ses ailes pour les sécher à la sortie du bain ! A première vue, il fait route comme nous, vers Trinidad. Nous n'y prêtons pas d'attention particulière car nous en avons rencontré souvent dans cette zone des côtes guyano-surinamiennes...


     Mais les événements se gâtent, moins d'une demi-heure plus tard, lorsque nous nous rendons compte que sa route s'infléchit vers nous. De plus, on a l'impression qu'il ralentit l'allure, comme pour nous observer... Par curiosité, j'appelle au radiotéléphone sur le canal de veille : pas de réponse. J'essaie alors sur d'autres canaux de dégagement, en vain... Rien !

     - C'est curieux, me lance Cloclo, il est tout seul...

     - Ce n'est pas normal ça, " ils " sont toujours en flottille les "pêcheux" , ajoutais-je en me posant mille questions...


     Une certaine nervosité s'empare de nous...


     L'agacement cède bientôt la place à la crainte, car maintenant il nous suit franchement dans le sillage, à deux cents mètres derrière seulement... Il se met à notre vitesse. On tenterait bien un changement de cap systématique, pour voir ses réactions, mais à quoi bon...? Il possède une réserve de puissance que nous n'avons pas, la manœuvre serait donc inutile, sinon qu'elle trahirait en plus notre crainte... Alors, il arrivera ce qu'il doit arriver...


     J'ai entendu et noté un jour ce proverbe antillais, magnifiquement dit par un conteur extraordinaire, également antillais, Joby Barnabé : " Vas où tu veux, meurs où tu dois " ! Je ne suis pas spécialement fataliste, mais parfois on ne voit plus très bien à quoi se raccrocher pour trouver, une porte de sortie, une échappatoire... C'est le cas cette fois...


     Il va certainement se passer quelque chose... mais quoi ?


     Nous sommes à soixante-dix milles au large des côtes du Guyana. C'est dans cette zone, ici même, il y a deux ans passés environ, qu'ont eu lieu des agressions sur des chalutiers par d'autres pêcheurs... Nous ne pouvons pas, ne pas y penser ! D'autant plus que les équipages de l'ancienne Guyane anglaise, (le Guyana, qui est là, juste en face) n'ont pas particulièrement bonne réputation sur cette zone de pêche... Ces faits divers, relatés par les médias en leur temps, avaient fait grand bruit à l'époque, ce qui ne nous remonte pas spécialement le moral...


     Le bateau s'est à nouveau rapproché. Cette fois il est si près que nous pouvons lire maintenant son nom, inscrit en relief sur le pavois : "La Gauloise" . Ouf...! Nous voici d'un coup rassuré, avec un nom pareil, c'est sûrement un compatriote. Nous poussons un soupir de soulagement...


     Le chalutier se rapproche encore...

     - Ça devient une maladie de nous coller le train à ce point ! Je ne peux pas m'empêcher de faire cette réflexion en donnant dix degrés de plus au pilote électrique pour voir la réaction du pêcheur...

     - Il nous suit vraiment, enchaîne Marie-Claude qui s'interroge aussi.


     La méfiance revient. Nous sommes seuls, loin des côtes, et puis dans les Caraïbes les actes de piraterie ne sont pas des calembredaines, même de nos jours...


     Le bateau, à présent, est à vingt-cinq, peut-être trente mètres seulement de notre arrière bâbord. Des hommes, à la mine plutôt patibulaire, apparaissent à la passerelle sur tribord. Les mains en porte-voix, je leur lance sur un ton injonctif, quelques réflexions, histoire de leur faire remarquer qu'ils ne vont pas tarder à nous couper en miettes s'ils poursuivent ainsi...


     Que ce soit en français, en anglais, ou en espagnol, je tente même le créole, tout mon répertoire y passe mais c'est inutile : pas de réponse. Mimant le message par des gestes, on ne peut plus explicites en montrant les mâts, et à court d'idée, je fini par simuler une conversation téléphonique et je m'en retourne à la radio !


     ...Personne ne répond... Rien ne bouge !


     Leur attitude m'exaspère de plus en plus. Marie-Claude se tient sur le pont, à l'arrière et poursuit les tentatives de mise en garde et d'interrogation... Elle n'a pas plus de succès de vive voix, que moi à la radio. Ce mutisme me donne tout à coup une idée. J'attrape, au passage en sortant, la flamme "K" du code international maritime, que j'envoie aussitôt à la drisse d'artimon...!

     - Ça, c'est parlant au moins !


     Que ce soit, en mandarin, en croate, en grec, en esquimau, en arabe ou en breton, ce drapeau est parfaitement clair pour un marin et signifie universellement : " Veuillez entrer en communi-cation avec moi ! "


     Nous attendons...


     Cette fois nous avons épuisé toutes nos ressources d'expression. Saperlipopette, s'ils ne répondent pas à celle-ci, on ne voit vraiment plus quoi faire... à part les ignorer.


     Je redescends en stand-by au VHF... C'est toujours le silence. Avec toutes ces allées et venues, je ne sais plus où je dois me tenir, entre le pont et la table à carte...


     Les hommes d'équipage continuent à discuter entre eux, comme si rien n'était anormal. L'énorme coque noire et triste de leur " bulldozer " est de plus en plus près de nous... Cette fois notre inquiétude tourne franchement à la révolte car leur tangon tribord, avec son lourd panneau déflecteur garni de ferrures et de chaînes, passe en se balançant dangereusement à cinq ou six mètres seulement de notre artimon ! La houle imprimant aux deux bateaux des mouvements différents et désordonnés, nous imaginons sans peine toute notre mâture avec le gréement fauché d'un coup d'espar à cause de cette mascarade...


     La révolte cède rapidement la place à la déclaration de guerre lorsque les marins, que l'on surveille plus que jamais, agitent en notre direction une longue gaffe, comme pour crocheter le balcon arrière de Kerguelen...

     - Ma parole... Ils veulent monter à l'assaut du voilier !


     Je n'ai pas pu m'empêcher de crier cela en les entendant parler une sorte de pidgin (créole anglais) incompréhensible. Je murmure aussitôt à Cloclo :

     - Ce sont des "Guyana " ...Ça va barder !


     Depuis le début de " l'opération abordage ", Marie-Claude reste pensive, soucieuse, se tient rigide comme un sphinx et j'interprète volontiers cela comme un mauvais signe. Moi, c'est tout le contraire. Je bous littéralement dans mes veines en un soliloque... sans même me comprendre… J'en ai la "comprenouaille" à l'envers ( disait ma grand-mère Désirée, philosophe à ses heures...). Bref, le délire me guette.


     Depuis le carré, j'ordonne à Clo - c'est grave lorsque je l'appelle comme cela. Notez ! - de continuer à surveiller tout ce qui se passe sur le pont de nos voisins, tenter d'engager la discussion et, si un danger grave surgit, de gueuler un grand coup. Pendant ce temps je plonge dans notre cabine arrière préparer la "quincaillerie" du bord. J'ouvre la boite de fusées et en glisse deux dans les poches de ma vareuse. Dans ma tête, plus que jamais c'est l'effervescence... Je pense que notre heure est peut-être bien arrivée. Nous sommes seuls devant ce pêcheur anormalement solitaire également.


     Des images sordides se bousculent dans ma cervelle plus que jamais... piraterie, drogue, disparition, tuerie, épave en flammes... Que ne voit-on pas dans ces moments à vide...? C'est idiot mais je me sens mieux après avoir pris ces artifices. Pour se défendre d'une quelconque attaque, une caisse de grenades ou de dynamite serait certainement mieux appropriée... Mais, passé ce stade, cela deviendrait du western...


     Remontant un peu trop précipitamment sur le pont, j'écrase au passage les doigts de Nanou, blottie au fond du cockpit avec son frère. Ils ont peur eux aussi, mais de... notre peur ! Décidément, rien ne va plus à bord de cette galiote...


     A ce moment précis, le ridicule s'abat sur moi comme la peste bubonique sur le monde oranais d'Albert Camus...


     En effet, ayant bien assuré sa gaffe sur le rebord en acajou du balcon arrière, notre marin patibulaire, bronzé, et surtout très habile, y fait glisser jusque sur notre pont un gros sac en plastique contenant... ,nous y jetons un œil circonspect, ...quatre bons kilos d'énormes crevettes, des shrimps !


     Quelle méprise Rémy !...


     Comment as-tu pu commettre semblable maladresse...?


     Marie-Claude me toise d'un regard indicible en me ricanant sous le bec. C'est vrai, je me retrouve comme le corbeau de Jean, notre bon poète de la Fontaine, "honteux et confus", je jure, et il n'est pas trop tard, "qu'on ne m'y reprendra plus."


     Penaud, je salue nos pirates qui ont lâché le bastingage et qui s'écarte tout aussi lentement...


     Une barbe de plusieurs semaines, les cheveux en bataille coiffés par le vent, le visage buriné par les embruns, le soleil et le travail harassant... Forcément qu'un marin pêcheur possède une tête de flibustier... Comment pourrait-il en être autrement dans ces conditions de travail extrême : c'est le plus dur, le plus noble, métier du monde.


     Bonne Mère de la Garde, toi qui veilles pourtant si fièrement sur tes ouailles, de tes mains tendues vers le large...? Aurais-tu oublié de nous éclairer...? Ce disant, je ne peux m'empêcher de repenser à un ami navigateur, Raphaël, pour qui la rencontre en pleine mer, au début des années 80, entre le Venezuela et la Guadeloupe, d'un pêcheur pour le moins "curieux", dirons-nous, se termina à la dérive dans son "survie". Il a supposé que son sloop lui fut subtilisé pour réaliser un transport de drogue vers le continent nord-américain... D'autres voiliers ont également disparu dans les Caraïbes et nul ne sait pour quels motifs...! Connaissant toutes ces histoires qui ne sont pas des mythes, on ne peut pas les oublier lorsque surgit devant vous un scénario, comme celui que nous vivons en ce moment même...


     La question qui se pose alors est celle-ci : comment savoir, avant le drame, si c'est un acte de piraterie ou pas ?


     Très honnêtement, je ne vois pas du tout !


     Pour nous, cette fois-ci, en faisant un clin d'œil à Joby Barnabé, nous allons là où nous devons aller : sur l'Orénoque, puisque nous l'avons choisi. Si la vie doit nous abandonner ici, quelle importance ? Il faudra bien que cela se produise un jour. Alors essayons de faire en sorte que chaque jour qui passe soit une journée de bonheur !


     Nous sommes plus que jamais contemplatifs devant notre sac de crevettes...


     Quand on connaît la variété des menus durant les navigations, (j'entrevois des sourires qui acquiescent...) et quoique sur Kerguelen, avec la cheftaine Cloclo qui est intendante de profession il n'y ait rien à reprocher, les menus, disais-je donc, s'ils sont diététiques ne sont pas forcément au goût de tous... A mes yeux, la macrobiotique ne remplacera jamais de bons petits crustacés qui sautent dans une assiette...! Surtout quand on sait qu'il reste une "fillette" de Gros Plant dans la réserve... On est nantais ou pas, Gaste don,, Dam oui !


     On voudrait bien leur dire : pardon... enfin, merci. Nous avions... cru que nous étions... "cuits", enfin presque... Finalement, nous restons... cois ! Impuissants, lessivés nous sommes, par toutes ces décharges d'adrénaline encaissées en moins d'un quart d'heure. Nous ne pensons même pas à offrir en échange, quelques paquets de cigarettes ou la traditionnelle bouteille de rhum... Pourtant le nom même du bateau, une inscription anaglyptique imposante et colorée, nous le crache en pleine figure comme pour se venger de cette félonie :

     " LA GAULOISE "...


     Le dialogue que nous parvenons enfin à établir avec le patron seulement (il parle le même british que nous), nous apprend que le chalutier est de Cayenne, des armements de la PIDEG, mais que tout l'équipage est originaire du Guyana. Ils sont en pêche depuis quarante jours déjà et repartent cette nuit même vers le Larivot en effectuant leurs derniers traits, leurs ultimes coups de chalut tout en parcourant le chemin du retour. La conversation n'est pas aisée, avec le bruit du vent, de la mer et de ses moteurs, sans parler des mouvements de balanciers de ses apparaux toujours aussi menaçants, nous n'insistons pas davantage à nous égosiller... Le chalutier s'écarte franchement, reprend sa route et disparaît sur l'horizon comme il est arrivé, en se dandinant. Au rythme de la longue houle, ils rejoignent le reste de la flottille, déjà sur la ligne de départ de leur zone de ratissage : le riche plateau continental qui borde l'immense plaine abyssale du Démarrara.


     Le lendemain après-midi, incroyable, le même scénario se reproduit. Cette fois, c'est un crevettier japonais, le " YOKOHA MARU ", qui vient lui aussi nous crocheter par le travers arrière. Mais pour cette seconde expérience d'abordage, nous lui réservons un accueil digne de Gaspard, le Roi Jaune de la légende du prêtre rhénan, Jean de Hildesheim... Mais si, vous savez bien, c'est celui qui nous raconta, il y a fort longtemps déjà, c'était sous Louis VII le Jeune, l'histoire de trois astrologues venus d'Orient...


     Ce n'est pas la boite pyrotechnique qui sortira de la couchette à cette occasion mais une vieille bouteille d'aguardiente , du rhum, souvenir d'un précédent voyage au Venezuela, en échange d'un sac de crevettes. En plus, jetés sur le pont en passant tout près de nous : quatre beaux acoupas de plus de trois livres chacun.


     Quel repas mes amis... Non, quels festins !


     Le premier " Mage " était Noir, c'était donc Balthazar. Celui de cet après-midi est le Jaune : Gaspard... Il ne manque plus qu'à rencontrer Melchior, le Blanc, et nous aurons été visités par les trois Mages, les astrologues iraniens d'Origène...


     Merci... Gracias... Thank-you... Euhhh... ah oui : Sié-sié... Ah non, c'est... Arigato !


     Je crois me rappeler que c'est ainsi que l'on dit merci en japonais. Je n'en suis pas bien certain sur l'instant, qu'ils me pardonnent si je confonds le chinois et le japonais... Décidément, il faudra aussi apprendre les rudiments de la langue des pays du soleil levant...!


     Le soir, bien que ce ne soit pas le jour de l'Epiphanie, nous ferons des galettes en l'honneur de nos Rois Mages... venus eux aussi de l'Orient. Nous, nous poursuivons notre route vers l'Occident...


     Encore une dernière journée de navigation et c'est l'atterrage, l'atterrissage comme on dit plus souvent dans la marine, sur le Boca Grande. Plusieurs grands minéraliers, au mouillage, attendent leur tour de pilotage pour remonter le fleuve. Ils marquent de leur imposante masse, la transition entre l'océan et le rio.


     Déjà des paquets de verdure arrachés aux berges, annoncent les veines de courants froids et limpides issues du grand fleuve. Nous voyons passer en dérivant, des îlots entiers de jacinthes fleuries, des touffes de nénuphars, des feuilles de lotus, des brassées de joncs, des enchevêtrements de brindilles et de roseaux sur lesquels se posent les oiseaux de mer...


     C'est l'Orénoque !


     Mais où est donc passé Melchior, il ne s'est pas montré ?


     Une troisième " opération abordage " n'était peut-être pas nécessaire, tout simplement !


     La mer s'aplatit, le vent se calme, comme pour mieux nous faire apprécier ce silence de cathédrale qui s'installe autour de nous... Nous sommes sur l'Orénoque, dans l'Orinoco, une nouvelle aventure commence !

 


Nota1 : Une biographie de Von Humboldt particulièrement bien faite et complète sur son histoire, sa famille, ses travaux, ses voyages... C'est un travail superbe de nos cousins québécois !  Trouvé sur l'encyclopédie de l'Agora..., en français, ici... 


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Photo de Kerguelen dans les glaces près du Cap Horn...

 

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Article ajouté le 2005-11-18 , consulté 2797 fois

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