Le Trésor Des Kerguelen

Chapitre 108 - Les Joyaux de Rubis Rock

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Chapitre 108

 

LES JOYAUX DE RUBIS ROCK

 

 

     Cette île, Anguilla, longue et plate comme une anguille, était trop aride, trop désertique pour y développer les grandes cultures tradi-tionnelles des îles tropicales : canne à sucre, coton et bananes. Fort heureusement Anguilla recelait d'autres richesses : des salines naturelles que les Anguillais surent exploiter.

 

     En 1967 une décision de la Couronne Royale offre l'indépen-dance à toutes les îles britannique de la Caraïbe. C'est alors qu'Anguilla (trop petite, pas bien riche ?) s'est trouvée annexée aux îles voisines de Névis et Saint-Kitts pour former la Fédération des Iles Leeward. Drôle d'indépendance en vérité qui la place sous la tutelle de ses voisines, concurrentes. Décidément, les choix politiques viennent toujours de trop loin. Aussi les fiers et belliqueux habitants décidèrent-ils de faire sécession, une fois pour toutes. La révolte gronde. Le climat social qui ne cesse de se détériorer amène deux années plus tard, cette petite communauté de 7000 âmes seulement, au devant de l'actualité mondiale.

 

     Les troupes de choc de sa Majesté débarquent en force sur l'île mais, faute de combattants, la guerre d'Anguilla n'aura pas lieu. Les humoristes ne manqueront pas d'ironiser sur ce dossier qui sonne plutôt creux. Le seul blessé de ce coup d'éclat, qui se voulait militaire, sera un soldat trop entreprenant, sans doute, mordu par une belle créole…!

 

     Drôles de combats qui, en 1976, amène l'ONU à prononcer l'indépendance définitive de l'île d'Anguilla sous tutelle britannique directe.

     Ils l'ont voulue, la liberté... Ils l'ont obtenue !

 

     Après le sel c'est le tourisme qui tente un développement timide depuis quelques années, aidé en cela par un nouveau statut de Port Franc. Beaucoup de projets sont présentés avec emphase, mais la réalité, au quotidien, est plus difficile à mettre en place. Le tissu économique, que les courageux anguillais veulent étoffer, est bien difficile à créer, à organiser, à construire. L'île manque d'infrastructures. Il faudrait promouvoir en priorité le réseau routier, la distribution d'énergie, d'eau, les télécommunications, ouvrir un aéroport de dimension internationale... Toutes ces choses sont indispensables avant d'envisager une exploitation touristique d'envergure. Les atouts ne manquent pourtant pas dans ce petit bout de paradis...

 

     Pour se rendre à la capitale, The Valley, en arrivant en bateau de Saint Barthélemy, il faut contourner toute l'île d'Anguilla par le Sud. Cela permet d'admirer la côte basse, bordée de belles plages garnies de cocotiers. Après l'extrême pointe Sud de Blowings Rocks, près de l'îlet Anguillita, le sable blanc fait place à une roche claire, de type karstique, qui s'élève en falaises. La bordure côtière est découpée en criques rocheuses découvrant des dizaines de grottes creusées par la mer à fleur d'eau. Aussitôt, la vue de ces cavernes excite nos bons vieux instincts de dénicheurs de trésors.

 

     Nous avons déjà exercé cette marotte sur l'île voisine de Tintamarre, il y a peu de temps...

 

     Dès les formalités effectuées, nous cherchons un petit mouillage tranquille et sympa. Nous reprenons l'étude systématique de nos cartes pour y découvrir des indices, des détails, des curiosités, des noms de lieux, en un mot tout ce qui pourrait nous mettre sur la voie d'un repère de flibustier, d'une cache à trésor.

 

     Nous sommes seuls ici, dans Crocus bay, un peu à l'écart du village. Cette baie protège la plus grande saline encore en exploitation aujourd'hui. Un petit quai en béton, flambant neuf, permet aux bateaux d'en exporter le sel et aussi de ravitailler la capitale située un peu plus loin, vers l'intérieur du plateau. Cependant la majorité des "bateaux-pays" (appellation créole des caboteurs) vont décharger leurs marchandises de l'autre côté de l'île, à Rendez-vous Bay. L'accès n'est pourtant pas aussi aisé qu'ici, mais, venant des îles voisines, au vent, le trajet est beaucoup plus court.

 

     De nombreux paille-en-queues virevoltent en criant dans les jolies falaises qui ferment cette baie par le Nord. Cela forme une sorte de port naturel. La roche, essentiellement calcaire, est creusée comme une meule de gruyère et sert de refuge aux nombreux oiseaux de mer. Certaines excavations, en formes d'alcôves, laissent supposer l'existence de grottes invisibles d'en bas. Mais si elles existent, elles seraient alors de bien meilleures cachettes que toutes celles que nous avons vues sur la côte Sud qui, elles, sont à portée de canot !

 

     Un examen minutieux, effectué sur une carte détaillée de la côte, nous montre des éléments qui ne manquent pas d'exciter notre curiosité. Nous remarquons un groupe de rochers qui s'appelle... "Rubis Rocks" ! Ces roches se trouvent juste en face des falaises qui nous abritent. La question vient immédiatement à l'esprit : pourquoi ce nom de "rubis" ? Bizarre quand même de donner un nom de pierre précieuse à de "vulgaires" rochers...! Nous interrogerons les habitants de l'île mais personne ne saura répondre à nos questions. Pas un quidam ne connaît l'origine de ce nom, ni l'histoire de ces grottes. Nous demanderons également aux vieux pêcheurs qui traînent, accrochés à leur canne, le soir sur le port... En se cachant sous leurs bakouas, ils nous diront qu'ils n'en savent rien. Ils les connaissent, les grottes... Oh que oui, nous dira l'un d'eux. C'était leur plongeoir favori quand ils étaient gosses... Néanmoins, rien de plus.

 

     Tous les récits d'aventures parlent de trésors égarés, cachés, perdus dans les Caraïbes...

     Nous sentons que nous brûlons...

 

     Des grottes inaccessibles, à l'abri des regards indiscrets, des noms de pierres précieuses... Ça y est, on le tient le magot du célèbre pirate irlandais, le butin de Kidd... Le trésor que tout écumeur poursuit... Il est là, il dort dans ces falaises, ces grottes là-haut, depuis plus de trois cents ans. Personne ne s'est jamais intéressé à ces rochers "squattés" par les aigles pêcheurs, les phaétons, les frégates, les hirondelles... Tous ces nobles volatiles reviennent y faire leurs nids chaque année de génération en génération. Ils ne se soucient guère des hommes, de leurs histoires de pirates... Les piastres, les sequins, les doublons, les ducats, les carlins, les pistoles ou autres picaillons dorés ne sont en rien utiles pour nourrir une couvée, alors, bof !

 

     Dans la partie basse des falaises, vers le fond de la baie, deux ouvertures béantes débouchent à seulement 3 ou 4 mètres au-dessus du niveau de la mer.



Ces grottes, particulièrement bien abritées, nous font immédiatement penser aux hommes des cavernes car elles pourraient constituer d'excellentes habitations. Face à un ennemi potentiel, la place est imprenable. En outre leur situation assure une protection parfaite aux intempéries, en particulier contre les cyclones... Nous devons absolument aller les visiter, elles sont si mystérieuses, si attirantes...

 

     Nous abordons avec le dinghy.

 

     L'escarpement de la façade de la falaise nous permet d'y grimper assez facilement. L'entrée de la grotte la plus grande, c'est aussi la plus basse, est bien dégagée, on dirait presque le parvis de Notre-Dame. L'ouverture mesure environ huit mètres de diamètre. L'intérieur que nous découvrons montre un sol assez régulier et praticable. Sur les parois, la roche est découpée en une multitude de crevasses, de cavités, elles-mêmes tapissées d'anfractuosités. Tous ces trous biscornus suivent en réalité les plissures du terrain et forment des circonvolutions témoignant de leur formation.

 

     En observant de plus près la surface de la roche, nous découvrons de nombreuses veines cristallisées : c'est du quartz. Nous nous apercevons également que la pierre a été travaillée par la main de l'homme. Nous en sommes très étonnés ! On y voit des traces de barre à mine, des amorces de forages, curieusement ces marques se situent toutes autour de filons de quartz qui s'enfon-cent un peu partout dans les parois...

     - Peut-être y a-t-il des pierres précieuses dans les veines de quartz ? Le groupe de rochers juste devant s'appelle bien "Rubis Rocks"... Hein, qu'est ce que tu dis de ça ?

     - Ce n'est sans doute pas innocent, me répond Marie-Claude, mais les filons sont épuisés depuis longtemps... C'est certain !

     - Les habitants de l'île ont peut-être exploité les pierres, mais il doit en rester, forcément... Non ?

     - C'est aussi possible ...qu'il n'y ait jamais rien eu !

 

     Cloclo m'a envoyé cela avec un tel ton de certitude qu'elle m'en coupe le sifflet. Moi qui me voyais déjà repartir de là avec un sac de joyaux, de rubis... et le trésor de Kidd en prime. C'est pourtant vrai que les plissements de quartz renferment très souvent des pierres semi-précieuses, en particulier de l'améthyste ou mieux encore, du rubis... Mes rêves s'envolent... Pourtant, comment expliquer le nom de Rubis Rocks ? Il doit bien y avoir une raison à cela, que diable ! ...

 

     Pour nous, en fin de compte, point de rubis, point de saphir ni de topaze ou de lapis-lazuli... Mais du quartz, du quartz, encore et toujours du quartz. Nous avons trouvé toutefois de beaux échantillons d'améthyste, dans des recoins moins visibles, plutôt difficile d'accès...

 

     Mais alors le quartz, nous en étions couverts de la tête aux pieds. Ces aiguilles de silice cristallisée sont friables et particu-lièrement piquantes...

 

     Il nous faut bien admettre que dans la grotte principale il n'y a pas de trésor... Mais un fouineur ne se laisse pas abattre aussi facilement. L'exploration se poursuit, la chasse au trésor aussi...

 

     Dans la partie gauche de la grotte, tout près du plafond, un boyau d'environ un mètre de diamètre semble partir à l'hori-zontale vers l'intérieur du plateau. La fièvre, celle d'Ali Baba bien sûr, s'empare à nouveau de nous. Evidemment, avons-nous aussitôt décrété, c'est là que se cache le trésor de Kidd !... Cette galerie est difficile d'accès, il faudra y revenir avec de bonnes chaussures, des cordes, un grappin, des lampes, un équipement de spéléo au complet en somme.

 

     Le lendemain n'est pas une journée propice à l'expédition. La tempête tropicale "Floyd", annoncée sur les ondes depuis deux jours déjà, se rapproche des îles Vierges et nous amène une forte houle de Nord. Elle nous oblige à chercher un meilleur abri. Plus au Sud, dans Road Bay, nous le trouvons. C'est une petite anse plus fermée, mieux abritée, juste devant le village de Sandy Ground. Nous attendons que Dame tempête passe. Le surlen-demain, nous sommes le 7 septembre, c'est "Gers" cette fois, une nouvelle tempête tropicale qui nous retient encore deux longs jours dans notre "trou". Ce n'est pas vraiment un "trou à cyclone" mais cet abri permet de voir venir et d'attendre. Si les conditions météos devaient se dégrader, il y a le lagon de Marigot à trois heures de route seulement. Nous patientons donc avant d'aller reprendre nos investigations dans "notre" grotte.

 

"Y'a pas moyen de passer des vacances tranquilles", avons-nous noté sur le livre de bord. Il ne faut surtout pas rater un bulletin météo avec ces foutus cyclones...

 

     Armés jusqu'aux ongles, nous voici de nouveau au pied du mur. C'est exactement cela. Nous avons même apporté des crampons à glaces, "made in Kerguelen". Nous avons aussi mis à profit les trois jours d'attente pour nous fabriquer un bon grappin avec des fers à béton... On est aventurier ou on ne l'est pas !

 

     Nous reprenons nos investigations dans la grotte...

 

     En arrivant là-haut, près de l'entrée du boyau, une nuée de chauve-souris me bouscule de battements d'ailes saccadés, me flanquant sur l'instant une peur bleue. Leurs cris stridents, en se propageant dans les voûtes, résonnent de mille échos. Elles se mettent aussitôt à tourner en rond dans la grande salle de l'entrée, sans doute vexées d'avoir été dérangées dans leur sommeil... Le boyau est horizontal, presque rectiligne. Une épaisseur régulière de plusieurs centimètres d'une fine poussière grise laisse supposer qu'il y a fort longtemps que la grotte, du moins cette galerie haute, n'a pas été visitée... Le goulet dans lequel je m'enfonce s'arrête assez vite en une multitude de fissures. Elles partent dans toutes les directions, comme les racines d'un banian sur le sol... Les dernières chauves-souris s'enfuient en criant de plus belle. Moi, pendant ce temps, je m'englue dans la fiente de ces bestioles qui s'amoncelle en petits tas infects depuis la nuit des temps... Une forte odeur d'ammoniaque se dégage de ce repère et me pique les yeux. J'arrive à me faufiler à quatre pattes jusqu'au fond du boyau en m'appuyant sur les parois. Je dois cependant faire une pause vers le milieu car j'ai beaucoup de mal à respirer tant l'air est vicié, piquant. En outre je me suis couvert le visage de plusieurs épaisseurs de chiffons car, dans tous les lieux fréquentés par les pipistrelles, il est fréquent que se développe un champignon toxique, microscopique, pouvant provoquer l'histoplasmose... C'est une maladie tropicale grave, en particulier pour les enfants ; la protection est donc indispensable.

 

     Ma lampe frontale balaye tous les recoins de la galerie : rien de brillant, pas de coffres débordant de colliers, pas d'argenteries, pas de couronnes scintillantes de diamants, pas de joyaux ...rien ! Il y a seulement une impression bizarre de froideur et de moisissures qui se dégage de cet endroit hostile, humide, à l'odeur insoutenable...

 

     De trésor point de caché, comme dit la fable, mais quelle semaine passionnante de recherches enivrantes, de découvertes singulières, de rêves aux secrets inviolés. Ainsi nous ne saurons jamais quand et qui est venu ici, et pourquoi le pâté de rochers s'appelle "Rubis Rocks"... Bien sûr que nous sommes allés les examiner également de très près, en plongée, ces sacrés "rubis", vous pensez bien !... Mais d'or, toujours point. Par contre nous avons vu du corail, et encore du corail, des gorgones, et même des petites langoustes orange et bleue, presque noires, délicieuses ma foi. Comment, de quelles couleurs ? Non, pardon, je voulais dire... Rubis et Agathe, bien sûr !…

 

     Mais non, vraiment rien d'autre, le mystère demeurera.

 

     Nous rentrons au bateau bien fatigués, les genoux et les mains meurtris par les aiguilles de quartz qui se détachent au moindre choc. Souvenirs bien mérités de la caverne d'Ali Baba (enfin... de Crocus Bay !) quelques beaux cristaux seront les seuls vrais trésors que nous rapporterons.

 

     Ce sont ...les joyaux de Rubis Rocks.

 

     La fin des "vacances" approche, il nous faut déjà reprendre la route vers la Guadeloupe. Après dix semaines passées à fouiner dans les nombreuses îles du Nord de l'Arc antillais, il nous faut retourner au camp de base. N'ayant pas encore déniché de trésors, il nous faudra travailler encore un peu. Quand même, il n'y a pas de secret ...si nous voulons reprendre la route une nouvelle fois. D'autres horizons nous attendent, d'autres ...Trésors !

 

     Une nouvelle dépression tropicale est annoncée. Elle se transforme rapidement en tempête puis en cyclone dans la nuit suivante... "Harvey", c'est son nom, est le huitième de cette saison et pas moins que le troisième rien que pour ce début septembre, nous sommes le 11. La rentrée, dans trois jours seulement, nous oblige à continuer la route malgré le mauvais temps qui s'installe. Une petite consolation toutefois : on peut espérer trouver rapidement un abri derrière le chapelet des îles si la météo se détériorait encore. Nous connaissons tous ces mouillages par cœur, dans les moindres détails, même de nuit nous savons où il faudra entrer se protéger...

 

 

     Nous sommes dans l'immense baie derrière les îles de St-Kitts et Névis. Le vent souffle déjà à près de 40 nœuds. Nous sommes au près bon plein dans le clapot qui se forme. Kerguelen file à toute allure dans la nuit noire, grondante, sillonnée d'éclairs annonciateurs... En débouchant face au large, dans le Sud de Névis, le vent double de puissance passant brusquement à plus de 50 nœuds, sans doute accéléré par l'imposant relief du volcan. Le clapot se transforme en lames abruptes et déferlantes. Avant d'avoir eu le temps de réduire la voilure, par deux fois, coup sur coup, le bateau, évidemment sur-toilé, est couché les mâts dans l'eau. On est suffoqué par la rapidité et l'enchaînement des coups de boutoir. La grand-voile, qui a "écopé" au passage un paquet de mer, ne résiste pas au poids et s'ouvre en deux comme une fermeture Éclair. Dans notre malheur nous avons de la chance, si on peut dire, car la déchirure s'est produite juste au-dessous de la troisième bande de ris. Nous passons alors directement du numéro 1 au numéro 3. La route se poursuit vers le sud-est, difficile... Le vent passe au travers, ce n'est guère plus confortable dans la piaule...

 

     "Harvey" poursuit son chemin de cyclone et de colère. Il s'écarte maintenant vers le Nord-Ouest, à l'opposé de notre route. Encore une chaude alerte passée. Mais c'est une leçon de plus : ne pas réduire la toile à temps, c'est forcément "casser du bois", comme disaient les bons marins de la vieille marine... !

 

     Ce petit incident de parcours nous montrera encore, s'il en était besoin, que le véritable trésor, en fin de compte, c'est de protéger sa vie et son bateau en toutes circonstances... La véritable "route" n'est pas le lieu où l'on va, mais le chemin qui y mène... avec sagesse !

 

     Là est la vraie richesse, un joyau immatériel...

 

Suite du livre... Chapitre 109...

 

Photo de Kerguelen dans les glaces près du Cap Horn...

 

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Article ajouté le 2005-11-18 , consulté 4238 fois

Commentaires


marine le 29/01/2009 à 12:59:15
"Les aventuriers de la grotte à rubis"
ah vous me faites bien rire !
un peu moins sur le chemin du retour avec ces cyclones encore (je ne m'y fais pas)...
mais effectivement, la sagesse c'est de s'efforcer à trouver le juste équilibre en toute chose... et vous ne vous débrouillez, ma foi, pas trop mal...

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