Chapitre 206 - Les Véritables Iles du Soleil Levant
Chapitre 206
LES VERITABLES ILES
DU SOLEIL LEVANT
- Attention pour le décompte final :
10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1... 0 !
Non les amis, nous ne sommes pas de retour à Kourou au moment crucial de la mise à feu de notre belle fusée Ariane. Mais cette analogie nous rappelle quelques bons souvenirs, comme à tous ceux qui ont eu le plaisir d'assister à un lancement. Cependant, en cet instant, ce n'est pas d'une mise à feu qu'il s'agit mais des dernières secondes d'une journée pas comme les autres. Sur Kerguelen, aujourd'hui, nous avons tous attendu avec une certaine euphorie le "zéro" de ce moment précis où nous allons couper la ligne de changement de date. Ce méridien particulier est situé aux antipodes de la France, exactement à l'opposé de celui de Greenwich.
Couper cette ligne imaginaire serait banale, s'il ne s'y rattachait pas un événement exceptionnel dans la vie de tout navigateur. Faire un tour du monde est, et restera encore longtemps, une performance certaine, et ses conséquences sur votre calendrier sont différentes suivant le sens où vous l'effectuez.
En effet, si vous faites cette grande boucle dans le sens apparent de la rotation du soleil (en d'autres termes : en allant vers l'Ouest) vous gagnez, chaque jour de votre voyage, de précieuses minutes sur l'horaire céleste. Inversement, si vous vous dirigez vers l'Est, contre le mouvement apparent du soleil, vous perdez chaque jour ces mêmes minutes sur cette horloge sidérale. La question qui vient aussitôt à l'esprit est : Que se passe-t-il donc lorsque l'on "percute" cette fameuse ligne théorique du changement de date ? Eh bien, il devient obligatoire pour celui qui passe "ce mur du temps" de tricher avec le calendrier. Le voyageur allant vers le soleil levant (l'Est) doit revivre une deuxième fois le jour présent au moment du passage de la ligne. Pour le navigateur allant vers le soleil couchant (l'Ouest), c'est le cas de Kerguelen et son équipage, l'inverse s'impose. Nous devons donc sauter une journée complète sur notre calendrier.
A la seconde précise de ce décompte final nous terminons la journée du samedi 18 septembre 1993 pour culbuter directement au lundi 20 septembre 1993. Vingt-quatre heures du temps se sont effacées de nos vies pour toujours. A cette occasion, chacun a porté ses impressions personnelles au livre de bord de Kerguelen, à la page restée blanche de ce dimanche 19 septembre évaporé !
Je vous livre quelques-unes de ces réflexions engendrées par ce " trou ", et consignées au journal de bord...
Moïse, pragmatique, a décrété :
- Je n'accepterais jamais l'idée d'avoir pu passer directement d'hier à ...demain sans avoir vécu le ...aujourd'hui. Pourtant c'est bien vrai, ce dimanche a "disparu"…
Marie-Claude, qui a les pieds bien sur terre, a noté :
- Passage de la ligne cette nuit, enfin ce matin maintenant (il est 9H 49 TU). Avec le mauvais temps de cette nuit, pas fermé l'œil une seule minute. Alors cette journée fantôme, elle valait bien le prix de deux !
Pour ma part, le sort a voulu que cette journée fût celle de la Sainte Émilie ; j'y ai donc noté :
- Pas de chance maman, le sort a décidé que ce soit le jour de ta fête qui saute de mon existence cette année. Mais peut-être, était-ce pour mieux y penser, tout simplement ?
Nanou quant à elle, s'étant rendu compte que nous écrivions chacun notre tour sur le livre de bord, a voulu également y noter ses impressions... Pour cette journée pas comme les autres, et je vous assure que nous ne lui avons absolument rien suggéré, elle y a dessiné... un soleil ! Il faut dire aussi que notre astre de lumière est son logo !
Cet amusant tour de passe-passe permet de nous mettre en phase avec l'intransigeante loi des limites. D'un coup nous venons de basculer du côté du "soleil levant". Pourtant l'endroit où nous sommes devrait logiquement faire partie de la zone du "soleil couchant" puisque nous sommes sur le 173ième méridien Ouest. La ligne géographique de changement de date c'est, bien sûr le 180ième méridien. Cependant il se trouve que l'archipel des Fidji est disséminé de part et d'autre de ce fameux méridien. Il n'était pas raisonnable d'obliger un si petit pays à vivre sur deux jours consécutifs à la fois. Alors "on" (les hautes instances communautaires) a fait un petit crochet dans la ligne de changement de date jusqu'au 173ième méridien. Et puis, pour ne pas faire de jaloux, on a englobé dans le lot leurs voisins et néanmoins amis des îles Tonga !
Pour vous donner une idée du problème, prenons un exemple bien de chez nous... Imaginez le scénario... Vous habitez à Brest et vous rendez visite à votre petit (ou grand!) frère, à Nancy et, toc, en passant à Orléans vous changez de jour ! Vous profitez de votre samedi de congé pour aller faire un bisou à la belle-sœur, et vlan ! En passant le méridien fatidique vous repassez au jour précédent. Vendredi qui vous fait arriver chez le frangin quand ...il part au boulot. Quelle pagaille ! (pas forcément, diront les mauvaises langues, surtout si la belle-sœur est plus "belle" que "sœur"...) Vous êtes d'accord avec moi : un même pays ne peut pas être coupé en deux par cette ligne !
Voici donc pourquoi cette coupure de la ligne de changement de date se situe un peu avant sa place théorique sur la planète. Nous coupons le 173ième méridien Ouest et arrivons sur l'archipel des Tonga... Ainsi ce sont bien en réalité ces deux archipels les véritables "îles du soleil levant". Les Japonais appellent leur pays "le pays du soleil levant", eh bien pourtant, au moment où le soleil se lève chez eux, il fait jour depuis quatre heures déjà sur les Tonga et les Fidji. De tout le globe terrestre, ce sont bien les Tongiens et les Fidjiens qui débutent leur journée les premiers, incontestablement.
Si une journée de vie hauturière peut s'avérer "peinarde", les deux jours précédents ce fameux changement de date n'ont pas été de tout repos...
Avant-hier jeudi 16, hormis le fait, qui ne nous concerne pas vraiment, d'être la fête du Kippour, le premier de l'an juif, la journée a été marquée par une météo exécrable. Des grains violents portés par un vilain Maaramu de Sud-est, sous un six Beaufort établi, nous ont obligés à diminuer la toile puis à la renvoyer toute la journée… En plus de ces "amusantes" manœuvres, nous avions par deux fois tout affalé pour tenter de remonter à bord des coryphènes prises sur nos lignes de traîne. La première fois c'était juste pendant le petit déjeuner, et la deuxième, je vous assure que c'est la vérité, durant le "grand" déjeuner de midi ! Il n'y a pas moyen de se restaurer tranquille en mer. Mais pour ces deux essais, ce fut l'échec. La vitesse du bateau conjuguée à la grosseur des dorades (et à celle des vagues) a provoqué chaque fois la rupture des bas de lignes. Nous nous jurons de ne pas rater la suivante, quitte à mettre à la cape pour récupérer à coup sûr notre gibier !
En fin d'après-midi (curieusement ce n'est pas encore l'heure du repas !) nous affalons la grand-voile pour l'énième fois... Le Sandow de la ligne sous le vent s'est étiré et nous annonce la troisième coryphène de la journée. Moïse et moi, tels des acrobates du cirque Médrano, sommes passés franchement à l'extérieur des filières, nous voulons à tout prix la récupérer celle-là. La gaffe plonge et accroche la dorade du premier coup. La pauvre bête finira dans la cocotte-minute, c'est son destin. Normal, vous allez me dire, demain c'est vendredi : le jour du poisson !
Ceci c'était pour la première journée, épuisante de manœuvres et de pêches difficiles.
Le vendredi qui lui fait suite ne se présente guère sous de meilleurs auspices. Certes, la météo s'est améliorée et le Maaramu s'est atténué. Mais le vent tombe même un peu trop, et semble vouloir tourner franchement au Nord. Comme dans le même temps l'hygrométrie monte en flèche et atteint ce matin les 85% on suppose qu'un morceau de la ZIC (Zone Intertropicale de Convergence) est en train de descendre sur nous. Nous arrivons justement dans l'un de ces vomitoires de la ZIC ; ils sont appelés "couloirs dépressionnaires". C'est par ces "marécages" météos que s'évacuent, vers le Sud-Est, les masses d'air chaudes équatoriales. En clair cela signifie pour les prochains jours : vent de face, crachin, visibilité réduite, orages, et, ce qui va de pair avec tout cela, un état de la mer chaotique.
Comme nous devons traverser d'ici 24 heures environ, c'est-à-dire au même moment, la partie Nord de l'archipel des Tonga très encombrée d'îlots et de récifs, je décide de faire un check-up du radar. Il va être mis à contribution, c'est plus que probable, si le temps se gâte comme prévu. Or depuis quelque temps déjà sa séquence d'initialisation ne fonctionne pas normalement.
Le vent est passé d'un coup au Nord-Ouest. Ce n'est pas une surprise. Les grains arrivent, lourds et épais. Entre les paquets orageux un crachin breton s'installe en ôtant une fois de plus le mot de "plaisance" à notre navigation. Curieusement le vent n'est pas fort et tombe parfois même complètement en laissant Kerguelen se faire ballotter par un vilain petit clapot. L'air devient pesant d'humidité. Il faut bien que cette zone intertropicale de convergence s'évacue. Alors patience, elle passe... Nous sommes dans le "talweg "de pression, le marais barométrique.
A bord, chacun est plongé dans ses occupations de l'instant. Marie-Claude fait la sieste, absorbée dans les fabuleux voyages d'Alexandra David-Neel au Tibet... Moïse joue aux échecs dans sa couchette... Anne est assise à la table du carré et dessine la maison de ses rêves, bien sagement... Tout est parfaitement calme en somme. De temps à autre les voiles battent... Normal : elles se mettent à faseyer entre deux grains. A la barre, le pilote électronique fait son travail de parfait équipier. Les lignes de pêche musardent dans le sillage. Malgré la mauvaise humeur du temps, tout va pour le mieux dans la "maison" !
Je suis tranquillement plongé, le nez dans l'armoire électrique du bord... Tout à coup un grand clac retentit. Une violente étincelle me jaillit d'entre les doigts, me flanquant une sacrée peur. Je n'ai même pas eu le temps de voir d'où venait ce court-circuit accidentel. Mais cet incident est providentiel car il me permet de mettre en évidence la panne du radar. En effet c'est en nettoyant les fils électriques, noircis par l'étincelle, que je découvre un fil de masse aux trois quarts coupés. C'est celui du radar ! Je comprends alors que c'est ce même toron abîmé qui est à l'origine du court-circuit. Mais ce flash a eu une autre conséquence plus fâcheuse : tous les circuits électriques du bord ont "sautés"…
C'est la "pannouse" générale, comme on dit dans le monde de la maintenance. Doucement, le bateau se met à remonter au vent et commence à "planter des choux" dans le clapot... Chacun à bord sort de ses occupations personnelles ...et vient aux nouvelles.
- Habillez-vous et enfilez vos cirés, annonçais-je à la volée, on se met à la cape... Il faut tout ranger, j'ai fait un "court-jus" !
Des grommellements suivent, je n'en suis pas spécialement étonné, ni fier pour autant. Je me serais bien passé de ces ennuis... Mais ce qui est fait, est fait. Maintenant il faut réparer.
Commençons par le commencement…
D'abord je rejoins Cloclo et Moïse déjà à l'œuvre sur le pont. Lorsqu'on vit en mer sur son bateau depuis des années, point besoin de donner d'ordres, chacun sait ce qu'il doit faire dans l'urgence et c'en est une ! Le bateau, continuant sa route sur son erre, se retrouve vent arrière. Avant d'avoir pu reprendre la barre, le cercle se referme sur les lignes de pêche. Quel embrouillamini !
Tout en aidant mes chers équipiers à ferler la grand-voile sur sa bôme, j'explique mon geste malheureux à l'origine de tout ce charivari. Moïse se précipite sur les moulinets mais, là encore, il est trop tard. Les quatre lignes, de gros calibres, se sont emmêlées les avançons autour de la quille et du safran. Il ne reste plus qu'une seule solution pour démêler aisément cet imbroglio : plonger sous le bateau et défaire les lignes une à une…
Kerguelen est maintenant à la cape, bien sage. Moïse plonge et libère les lignes sous la surface. Après quelques piquantes manipulations (pour lui !) tout est tiré au clair sous la carène et récupérons sans casse nos quatre lignes. Décidément, il est écrit dans les étoiles que Moïse devra se baigner au milieu de chaque océan !...
Tous les instruments de navigation sont réinitialisés et les voiles flottent de nouveau sur Kerguelen qui reprend sa route. Le radar fonctionne bien maintenant, nous en sommes particuliè-rement heureux. Cette nuit nous devons couper une route de navigation importante : Auckland - Honolulu, la G.C. 1513 (la great cercle N°...), c'est son nom. Nous pourrons compter une nouvelle fois sur notre équipier à "l'œil de lynx" pour veiller fidèlement à notre place… Comme quoi, les incidents techniques ne sont pas toujours nuisibles finalement.
Après ces deux journées plutôt désagréables c'est donc avec une certaine euphorie que nous attendions cette ligne de changement de date, ce mur du "continuum espace-temps" !
- 5, 4, 3, 2, 1, 0 !... Voilà, nous y sommes passés maintenant!
Que se passe t-il donc après avoir crevé ce mur de la quatrième dimension, avons-nous envie de dire ? Eh bien... Rien !
...Il faut reconnaître que la compression du calendrier au journal de bord ne nous concède pas immédiatement de surprise ! Nous aimerions pourtant croire qu'une nouvelle ère va commencer... Après ce décompte final, nous venons de pénétrer dans le matin du monde... Nous démarrons une nouvelle vie, celle des îles du soleil levant.
Le vent continue sa rotation par l'Ouest, le Sud-Ouest, puis rejoint le Sud. Au fur et à mesure le crachin est devenu froid, pénétrant et triste. Avec le passage de la perturbation une dépression tropicale s'est formée également sur nous, maintenant elle s'éloigne, ouf !
Cette alerte passée, nous commençons sérieusement à penser à notre atterrissage sur les Fidji. La partie Est de l'archipel est une succession de rochers, d'îlots truffés de hauts-fonds invisibles. Une nouvelle fois il nous faut choisir la vitesse d'approche adéquate pour arriver sur ce passage dangereux au moment où le soleil passera à son zénith. Pour ce faire nous nous mettons à la cape durant la moitié de la nuit.
C'est dans le milieu de la matinée du vendredi que nous faisons une entrée "majestueuse" dans la passe Lakemba... Il fait grand beau temps.
Ça y est, nous sommes à l'intérieur de la mer de Koro !
La longue houle de Sud disparaît derrière cette grande barrière naturelle. Le vent, qui a retrouvé son couloir alizéen, est faible et doux. Devant ce tableau plaisant nous décidons de poursuivre la navigation en "touriste". Nous approchons les récifs intérieurs et longeons toute cette grande barrière corallienne, à toucher les platiers. Des milliers d'oiseaux de mer nous accompagnent, c'est un bon signe pour mettre en pêche. Les lignes sont à peine à l'eau que nous accrochons deux magnifiques bonites. Elles sont aussitôt débitées et mises en saumure dans la touque de service.
Cette journée est bien différente des autres. Nous finissons par nous dire que, effectivement, nous sommes bien arrivés en Orient, de l'autre côté de la barrière du temps. Inconsciemment c'est cette navigation que nous attendions, douce et agréable. Une brise légère nous caresse sous un soleil de printemps. Il n'en faut pas plus à Kerguelen pour glisser sur l'eau, sans bruit, sans heurt. L'océan sommeille... Après la rigueur de Poséidon, voici la douceur de Téthys : déesse de la mer calme !
Depuis Bora Bora, dix-sept jours se sont écoulés. Nous avons parcouru 1850 nautiques (3400 km.). Nous entrons dans la passe de Suva, capitale des Fidji.
Ce même jour, au même instant, les coursiers de la Withbread quittent Auckland, en Nouvelle Zélande, pour rejoindre Punta del Este en Uruguay, avant-dernière étape de la course des " maxi ". Eux remontent le temps et, en passant la fameuse date line, il leur faudra vivre deux fois la même journée !
Les autorités portuaires des Fidji sont très pointilleuses. Comme en route nous avons écouté radio " vagabonds des mers du sud ", nous savons qu'il n'est pas rare que ces formalités prennent toute une journée, voire deux... Nous sommes donc littéralement pendus à notre radiotéléphone en attendant notre tour pour venir au wharf principal des cargos faire notre clearance. Soit !
Lorsqu'on débarque sur le sol fidjien, il y a deux choses qui surprennent d'emblée. En premier ce sont ses habitants et en second les mangoustes : il y en a partout.
Dans la longue chaîne des îles du Pacifique Sud, quand on touche cette nouvelle terre, on s'attend tout naturellement à la trouver peuplée de polynésiens. Surprise, la moitié des habitants sont des Indiens (...de l'Inde !) et l'autre moitié sont des mélanésiens. Cette particularité montre que nous sommes bien passés dans l'hémisphère asiatique. Il ne faudrait vraiment pas changer grand chose à ce paysage démographique pour se croire sur les côtes du Malabar, dans le Dekkan, ou encore sur l'île de Ceylan. Les femmes indiennes, drapées dans leurs lumineux et soyeux saris traditionnels, déambulent autour du marché et de la gare routière. Les hommes mélanésiens sont parfois vêtus d'une drôle de jupe : le sarong, issu des coutumes indonésiennes. Les blancs, d'origine européenne, sont peu nombreux.
Les Fidji sont une ancienne colonie anglaise. C'est par dizaines de milliers que des indiens furent amenés ici à la fin du 19ième siècle. Les colons de la Couronne britannique les firent venir pour travailler dans leurs immenses plantations de canne à sucre. Après l'indépendance, en 1970, les Indiens ont poursuivi le travail de la terre. Bien que représentant seulement la moitié de la population du pays, ils possèdent près de 90% des terres cultivables. Cette disparité n'est pas sans créer quelques problèmes...
Comme partout sous les tropiques, c'est maintenant le tourisme qui intéresse au plus haut point ces îles paradisiaques. Sur la côte Ouest, vers Nandi et Lautoka, les hôtels fleurissent comme nos marguerites au printemps. Les îlots ne manquent pas dans ce lagon superbe. Ils sont des atouts naturels qui ne demandent qu'à être exploités. Les autorités politiques de l'archipel ont su d'ailleurs saisir cette opportunité... Dans la zone Pacifique Sud, les Fidji sont aujourd'hui une destination de choix pour les Australiens, Néo-zélandais et Japonais... Grâce à leurs prix bon marché ils sont devenus de sérieux concurrents pour notre très "chère" Polynésie française et plus encore pour la Nouvelle Calédonie, sa plus proche voisine.
Alors que nous nous promenons dans le jardin botanique de Thurston Garden, qui jouxte le palais du Gouvernement, nous découvrons des envahisseurs à quatre pattes très curieux et peu farouches : les mangoustes. Elles sautillent partout dans les jardins comme dans la forêt. Dans le parc, des gardeners s'affairent sur les pelouses et les massifs. Nous leur demandons s'il y a beaucoup de serpents sur l'île. Logique puisque ces petites carnassières en sont très friandes. Ils nous regardent d'abord étonnés, se demandent s'ils ont bien compris la question, et puis nous répondent que non, bien sûr, il n'y a pas de serpents ici… Pourquoi cette question ?
- But, why so many mongooses ? Mais pourquoi tant de mangoustes ?
- Yes, there are enormely mongooses, of course ! It's like that ! Oui, il y a beaucoup de mangoustes, c'est comme ça !
Nos deux braves jardiniers s'étonnent de notre curiosité et n'ont pas l'air d'en savoir plus. Nous pensons que ces bêtes, à l'origine, ont du être apportées par les esclaves, les coolies amenés de l'Inde à l'époque de la colonisation ; elles faisaient partie de leurs animaux familiers.
Nous terminons la visite du parc par le musée qui se cache tout au fond derrière un épais rideau de ravenalas (palmiers des voyageurs)...
Nous découvrons avec étonnement l'histoire de la culture Lapita, un art de la céramique très particulier. Cette tradition culturelle mélanésienne, qui fut découverte pour la première fois en Calédonie, sur l'île des Pins, est caractérisée par des poteries décorées au peigne fin. Les plus anciens vestiges qui ont été mis à jour dans divers sites archéologiques datent d'environ 3500 ans. Il est étonnant de voir que la plupart des îles du Pacifique Sud et Ouest recèlent de tels vestiges. Cela veut dire que le peuplement des îles du Grand Océan avait été fait par l'homme depuis les temps les plus reculés...
Encore une journée de visite à l'intérieur des terres fidjiennes et, déjà, il est temps de songer à la dernière étape…
Direction Nouméa...
Huit jours plus tard nous sommes à pied d'œuvre, attendant en baie de Prony l'étale de marée pour entrer dans le canal de La Havanah ; nous touchons au but.
Nous sommes sur le Caillou !
C'est notre première grande escale sur le "Retour des Antipodes"
N.B. Pour les personnes intéressées, un petit utilitaire gratuit et sympa qui permet d'afficher près de l'horloge de la barre des tâches un autre fuseau horaire. Très utile ! Démo & Téléchargement ici.
Suite du TOME II... Chapitre 207...
Photo de Kerguelen dans les glaces près du Cap Horn...
Podium des sites annuaires pour le nombre de visites sur notre Blog...
2) http://www.annuaire-blogs.net/

Commentaires
Jess le 19/04/2008 à 22:05:30C'est long tout ca