Chapitre 214 - Au Son des Didjeridoos
Chapitre 214
AU SON DES DIDJERIDOOS
Neuf jours après notre départ de Daru, en Papouasie, Kerguelen se présente devant la plage de Darwin. Nous sommes le onze septembre (2001), il est six heures trente PM en heure locale et dix neuf heures à l'heure de bord… Ce jour sera marqué au fer rouge mais ça, nous ne le savons pas encore.
Depuis le lever du jour, tout l'équipage est sur le pont pour veiller. Nous avons embouqué le long canal Melville, longeant l'île du même nom, qui mène jusqu'à Darwin. La navigation demande toute notre attention. Le marnage dans cette zone peut atteindre six mètres d'amplitude. Les forts courants, parfois tumultueux, ont vite fait de vous entraîner sur les bancs. Tous les yeux disponibles des "Kerguelen" scrutent les alentours. Nous découvrons aussi le Top End, le Bush de l'immense Nord australien. Des feux de savanes enfument de façon continue le ciel de cette région : le Arnhem Land se consume.
Mais avant de poursuivre, retour en arrière sur ce périple…
Il n'y a pas 3 heures que nous avons quitté Daru. Nous pensons tout juste atteindre la limite des eaux internationales, cette ligne imaginaire et fatidique des 12 milles, que déjà, un avion arrive à notre rencontre. Peint de vives couleurs, volant "à ras les pâquerettes", et entamant un cercle autour du bateau tel un charognard sur sa proie, les voilà ! Ils sont là !…"Ils", ce sont les Coast Guard australiens.
Notre amical voisin, missionnaire et pasteur de son état, à Daru nous l'avait dit. Les douanes australiennes sont omniprésentes dans le détroit de Torres. Cette surveillance maladive s'étend même sur l'ensemble de la mer d'Arafura, jusqu'à Timor ! Contact radio, déclinaison de tout notre pedigree, et à la question… Quel jour et à quelle heure arriverez-vous à Darwin ?…Pour donner réponse à cette sempiternelle question, nous leur disons… le 12 septembre à 11 onze heures 15 ! Ce sera faux, on arrivera le 11 et à 18 heures trente ! Mais eux, " ben y sont contents, les p'tits gars", ils ont une réponse pour emplir les petites cases de leurs grands formulaires…!
Pour un voilier, il est impossible de donner une estimation d'arrivée. C'est la météo qui décide pour nous de la vitesse du bateau, du choix de la route ou des escales éventuelles. Mais les autorités maritimes sont toutes les mêmes, quelque soit le pays,. Il faut toujours connaître son "ETA" ( ETA en anglais mais HPA en français – Heure Prévue d'Arrivée… les autorités sont friandes d'acronymes !). Alors pour gagner la paix de nos inquisiteurs, nous avons choisi depuis longtemps de prendre un ratio simple… Nous prenons la distance en mille à effectuer, divisée par 100 et toc on a le temps du voyage en jours. Pour le cas d'aujourd'hui, 900 divisés par 100 font "9" plus la date, le "3", eh bien, le tout égale 12. Pour l'heure c'est encore plus simple… Au moment de la question, il suffit de regarder sa montre et on donne l'heure présente ! Comment trouver plus radical, hein ? Obtenir la paix est à ce prix ! Foutaise, mais réaliste…
Le passage du détroit de Torres est un endroit difficile à négocier. Il y a de nombreuses passes, sauvages et belles mais sinueuses et truffées de pièges. L'impressionnant nombre d'épaves répertoriées et visibles de surcroît sur les écueils le rappelle. Un seul canal est réellement utilisable parce que bien cartographié. Il est aussi balisé pour le jour comme pour la nuit. C'est celui qu'empruntent les navires et cargos de tout poil qui passent par cette voie maritime royale, l'une des plus anciennes de l'histoire navale. Venant de l'Est, le canal d'entrée est Bligh Entrance avec son célèbre phare de Bramble Caye. Celui de sortie à l'ouest, Prince Wales. Entre les deux, un dédale de chenaux biscornus vous permet d'atteindre la mer d'Arafura. Elle est la porte d'accès à l'Indonésie et au monde asiatique. Parcourant ce tohu-bohu corallien, chaque soirée est accompagnée d'une bonne montée d'adrénaline. En effet, hors du chenal principal, les fonds font vite défaut. Chaque soir, il est vivement recommandé de prendre un mouillage de sécurité pour la nuit. Forts courants conjugués à une météo capricieuse, il est important de planifier son parcours au millimètre et ne pas craindre les sueurs froides ! Puis le scénario est immuable, chaque jour les Coast Guard "passent" vous demander votre pedigree, celui de vos "clandestins" (?), votre ETA… Tous les moyens de la "transportation" défilent autour de vous sous la bannière rouge et noire des "chiens de garde", les Coast Guard… Avions, petits ou gros. Vedettes, rapides ou lentes. Hélico, siffleurs ou grondeurs. Il doit bien y avoir aussi quelques sous-marins noctambules, drones obscurs ou satellites égarés, mais eux, ouf, ils ne nous questionnent point !
Il en est ainsi de la "Garde" des territoires australiens…!
Lorsque Kerguelen débouche dans l'immense baie de Carpentarie, prélude à la mer d'Arafura, tout le monde, à bord, va mieux. La fièvre retombe mais pas les questions de nos gardes, les inquisiteurs. Chaque jour, jusqu'au bout du Top End, ils nous demanderont si nous sommes bien "seuls" à bord de notre coque de noix… et tout le saint Fouin Fouin ! On ne leur a surtout pas dit que chaque nuit venaient se poser sur le bateau une douzaine de noddis bruns…Ni du grillon, qui se signale de temps en temps en stridulant…! Un petit gecko vit aussi à bord en "clandestin" ! Oh non, surtout pas… Sinon nous étions bons pour une fouille au corps et à poil !
Voilà, l'ancre de Kerguelen glisse dans la baie de Darwin en ce 11 septembre. C'est au son des Didjeridoos, provenant de la plage, que les "ennuiements" ne font que …continuer. Les attentats de New York ont jeté le monde anglo-saxon dans l'effroi. Les autorités sont en alerte "maximum". Abasourdies et débordées par les séquences dramatiques passant en boucles sur les écrans de télévision, elles nous somment d'attendre leur appel.
Nous attendons.
Le lendemain, en fin de matinée, nous sommes enfin invités à venir au ponton d'accueil près de l'écluse de Cullen Bay. Mais là encore il faut attendre. Souffrir la visite des inspecteurs des douanes, de ceux de l'immigration, du service de santé et aussi ceux de l'agriculture puis des pêches maritimes, rien que ça ! De l'agriculture s'esclaffe-t-on pour tourner en dérision cette avalanche de procès écrits et dûment rétribués. Yes Sir, oui monsieur, aussi de l'agriculture…!
- Un plongeur des pêches maritimes doit vérifier sous votre carène l'absence de "moule tueuse de l'huître perlière" ! Rien que ça ! "Si on en trouve, le bateau sera sorti de l'eau et passé à la vapeur haute pression. C'est le règlement ! C'est gratuit ! " Don't worry.../…Nous rassure-t-il.
- Ce n'est pas fini… Un collègue de l'agriculture doit passer toutes les canalisations du bateau ainsi que les circuits d'eau de mer et réserves d'eau usées au détergent caustique.
- Du moteur aussi ?, lui rétorquai-je…
- Le moteur aussi !
- C'est le bouquet, me retourne Cloclo !
Moi j'en suis resté sans voix ! Nous sommes sidérés d'avoir à subir autant de contrôles et de lessivages tous azimuts, sous prétexte de protection phytosanitaire. On a l'impression d'être des moribonds dans les mains de geôliers ou d'espions entre les griffes du MOSSAD, c'est comme on veut. Je vous fais grâce des listes interrogatives et alambiquées que l'on doit remplir en jurant sur l'honneur que l'on est "ni fou ni porteur d'un virus …inconnu". Cette dernière requête couronne l'apothéose. Témoignage absolument véridique je précise…!
La clearance en Australie, calendrier et porte monnaie en mains, c'est …3 jours d'emmerdements, pour 120 dollars australiens (environ 60 €) ! En premier, les "services" se déplacent, vous êtes potentiellement un individu suspect ! Entre 10 et 15 personnes défilent à votre bord en farfouillant partout dans l'intimité de votre demeure. Pas moins de 3 à 5 agents par spécialité sont présents… Particulièrement déplaisant !
La même chose en Uruguay, pour exemple, et montre en mains cette fois, c'est …20 minutes de sourires ! Eux vous accueillent dans leurs bureaux, en général vous ne voyez qu'une seule personne par service. Et pour nos amis "latino", la cerise sur le gâteau : tous ces services sont gratuits !
Particulièrement agréable ce premier contact.
Douanes, Immigration, Port et Santé, pour ces deux pays les services à "visiter" sont exactement les mêmes…
Allez savoir pourquoi je préfère l'Amérique du Sud ?…!
L'intérieur de Kerguelen est devenue une véritable patinoire avec le "monsieur propre". La "douanière" a saisi toutes nos provisions de fruits secs, tisanes, infusions et autres herbes de cuisine suspicieuses, mis sous scellés un médicament qui ne lui plaisait pas… J'ai bien cru que Cloclo allait étrangler cette sorcière, lorsqu'elle a voulu aussi jeter notre belle pomme de pin. Souvenir de Goritti en Uruguay (L'Uruguay : leur antagoniste en matière d'accueil, précisément !), hygromètre naturel et ancestral de Kerguelen… Mais là, non, quand même, devant la colère de la maîtresse de maison, la mégère a cédé et la vieille pomme de pin est restée à bord ! Maintenant, quel délice, nous avons l'immense privilège d'être autorisés à entrer, enfin, dans l'écluse de Tipperary Waters Marina. A l'arrière de la ville, tapis au fond du bras de mer de Frances bay, plusieurs ports de plaisance peuvent nous accueillir. Ils sont tous sécurisés par des écluses contre les cyclones, le fort marnage …et les envahisseurs. Nous avons choisi, un peu au hasard Tipperary Waters Marina ; c'est le dernier bassin construit.
Nous sommes enfin classés "Bon pour le service", bien. Que puisse Kerguelen s'y reposer, enfin !
Fin de la chronique d'une haine ordinaire.
Quelle comédie !
Notre escale ici a plusieurs aspects…
Technique, en premier, nous devons faire un check up du moteur pour affronter les calmes plats des mers de Timor et de Java. Procédurier, en second, il faut obtenir un Cruising Permit pour naviguer dans les eaux indonésiennes. Cela veut dire trouver les cartes de navigation, étudier et prévoir les routes et toutes les escales… Envoyer le dossier, via le NET (et le paiement de 120 $US !)… Attendre le retour du permis… Mine de rien, ces petits amusements vous grignotent les semaines à une vitesse insoupçonnable. Enfin visiter ce Top End, quand même ! Nous avions déjà pris 3 mois pour explorer le Middle East et le Sud australien, depuis Brisbane jusqu'à Adélaïde. Ici, pour les territoires du Nord, il nous faut bien 2 ou 3 semaines aussi pour profiter de ce coin.
Constitué principalement de désert, le Top End est un immense territoire grand comme deux fois la France. Peu peuplé, on y dénombre moins de 200 000 habitants pour deux villes importantes seulement : Darwin et Alice Springs.
Le centre de Darwin avec sa petite fontaine de jets d'eau.
Darwin est un petit jardin tropical en bordure de l'aride et immense désert du Grand Centre australien. "Port Darwin", à l'origine, était une colonie fondée en 1864 et longtemps restée isolée par cette situation géographique. Elle devait se battre seule contre les envahisseurs venant d'Asie et les cyclones, souvent dévastateurs tous les deux. La ville reste sous l'influence des chinois arrivés à la fin du 19ième siècle pour la prospection de l'or. Ville cosmopolite, Darwin se tourne maintenant vers le tourisme. Elle se développe rapidement avec la mise en valeur de l'art aborigène conjuguée à la création de nombreux parcs nationaux. Le Kakadu National Park, grand comme la Bretagne à lui tout seul, est situé au milieu des terres aborigènes. Flanqué de paysages extrêmement variés et colorés couvert de milliers de peintures rupestres, il est inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Il y a aussi le Nitmilut N.P. avec les chutes de Katherine Gorge. Le Litchfield N.P, le Gregory N.P. ou le Keep River N.P… Des " National Park ", les NP quelque chose …mais il n'y a que cela dans le Top End.
Plus au Sud, pour ceux que les miles ne rebutent pas, Alice Springs avec le célèbre rocher de Ayers Rock. Au son des didjeridoos, les aborigènes seront très fiers de vous faire visiter Uluru-Kata. Ce monolithe géant et sacré de 350 m de haut (pour 1200 de long) est le gardien de leurs ancêtres. Unique relief couché au sol au milieu de nulle part, c'est une merveille de la nature. Suivant l'heure de la journée ou de l'humidité ambiante, il change sans cesse de teinte. Passant du rouge vif au noir, au brun, au violet ou à l'ocre en déclinant toutes les nuances des pastels, sa couleur est du plus bel effet.
Parmi toutes les merveilles de ce continent perdu aux antipodes, bien sûr, la faune. Les kangourous et wallabies sont omniprésents. Mais ce ne sont pas les seuls animaux curieux du Bush ou de l'Out Back australien… On trouve aussi, outre la plus grande variété de serpents de toute la planète, le dingo, l'ornithorynque, le moloch épineux à tête de diable, le dromadaire (le seul pays où on le trouve à l'état sauvage) le scinque et le charmant koala… Parmi les nombreux oiseaux, avec l'oie-pie, le plus curieux est le kookaburra au chant si bizarre. Dans toute cette faune et flore si particulières, ancestrales, le plus impressionnant pour le visiteur, ce sont encore les hommes. Cette Terra Australis Incognita de l'Antiquité est peuplée depuis la nuit des temps par des êtres humains, venus d'Asie, aussi très curieux. Il n'ont pourtant pas les pieds à l'envers comme le pensaient les théoriciens d'avant notre ère…
Au Vième siècle avant J.C, Pythagore, le célèbre mathématicien grec avança l'idée qu'il existait des "Terres Australes" de l'autre côté du monde, qui "compensaient le poids de celles de l'hémisphère Nord". Plus tard, vers 150 après J.C. cette fois, c'est Ptolémée, le géographe d'Alexandrie qui pousse le bouchon jusqu'à dessiner sur une carte un continent "Austral " entourant les océans Atlantique et Indien. Pays dans lequel vivent des êtres humains, je cite : "ayant les pieds retournés vers l'arrière". Quel curieux concept !
Les premiers explorateurs les découvrent à l'identique d'eux-mêmes, enfin presque… Ce sont les Aborigènes !
Ce peuple primitif est un reflet vivant de notre propre création. Cependant, loin de former une ethnie homogène, les Aborigènes possèdent plus de 200 langues différentes. Leur organisation clanique possède des modes de vie très éloignés les uns des autres. Pendant des milliers d'années, les habitants de ce continent oublié ont vécu en tribus de chasseurs, pêcheurs, cueilleurs. Ils étaient nomades et dormaient à la belle étoile, le climat le leur permettait. Pour subvenir à leur besoin en nourriture ils inventèrent des armes curieuses, adaptées aux animaux de leur milieu comme la flèche dentelée ou le fameux boomerang. Ce "bâton de lancer" au départ était loin d'être l'aile volante d'aujourd'hui. Il était courbé certes mais à peine. D'ailleurs dame nature génère davantage de branches tordues que de droites. Il était donc arqué ce bâton mais juste le petit nécessaire à une meilleure prise en main et à la stabilité de sa rotation en vol. Surtout, il ne revenait pas à son lanceur ! Sans doute un jour, à force de "chasser au bâton", un chasseur ayant une arme aplatie par l'usure eut la surprise de voir son engin revenir vers lui ! Le "vrai" boomerang était né, fruit du hasard et de l'observation. Probablement, un congénère à l'encéphale développé, améliora encore ce bâton volant en exagérant certaines usures. Décrivant un "huit paresseux", (figure de base en voltige aérienne…) le meilleur "bâton de lancer" était devenu celui qui revenait loin en arrière, le plus près possible du chasseur. Car le fait de pouvoir reprendre immédiatement son arme à ses pieds et la renvoyer aussitôt vers l'animal à abattre donnait un pouvoir suprême à son manipulateur, c'est certain ! Si le bâton touche la cible il ne peut revenir, certes, mais la proie est neutralisée.
Les croyances et l'art sont la base de la culture aborigène. Le bois, l'écorce, la fibre, pour support ; la terre aux mille teintes pour la couleur, tous les ingrédients de l'art aborigène sont puisés dans cette nature si généreuse. Parmi les dernières particularités de ce peuple naturel, les rites et cérémonies. Elles règlent les relations entre clans. Fêtes, danses, échanges, disputes ou mariages tout est soumis à rituels, palabres et prières. Leur monde spirituel est peuplé par les esprits des ancêtres. Parfois bons, mais parfois aussi mauvais, il est alors nécessaire de les repousser en se peignant le visage et les cheveux de blanc. C'est l'éclat de cette couleur qui repousse l'esprit mauvais et purifie vers l'extase, le rêve ! Les anglo-saxons en ont fait une expression typique qui illustre bien cet art de vivre : le Dream Time. Mot à mot : le Temps du Rêve. Les ancêtres, par leurs chants et leurs déplacements sur la terre ont forgé les montagnes et les vallées… Les rivières et les plantes… Elles mêmes ont généré les animaux puis les hommes. De nombreux sites sont sacrés ou bien vénérés dans le monde aborigène. Il est souvent nécessaire d'être accompagné d'un guide aborigène, voire d'une autorisation spéciale, pour visiter certains territoires. Nul ne peut troubler les âmes des "ancêtres de la Création", du Dream Time ! Ce "Temps du Rêve" se transmet aux nouvelles générations par les chants du culte des esprits. Ces chants s'accompagnent par un instrument simple et unique, le didjeridoo. Ces morceaux de branches creuses, de un mètre à un mètre cinquante de long, émettent des sons graves et mélancoliques générateurs de cette "rêverie", culte des ancêtres.
Il est fréquent dans les rues de Darwin, au marché ou sur les places, de voir des groupes se constituer et entamer le chant du culte aux esprits... La visite des sites de la ville se passe bien souvent au son des didjeridoos. Mais la condition des Aborigènes d'aujourd'hui n'est pas aussi enivrante que sur les dépliants touristiques. Si la majorité d'entres eux vivent isolés dans des réserves, leur intégration au monde moderne semble inéluctable. Les jeunes des tribus veulent aussi une part du gâteau de la consommation occidentale. Comment les contenir dans le Dream Time, eux n'y croient plus. Enfin si, juste un peu pour la démonstration de danse et la recette qui s'y rapporte ! Les fléaux de notre civilisation matérialiste se sont immiscés, là aussi.
Au son des didjeridoos, les Aborigènes cherchent leur voie.
Nous avons reçu notre cruising permit de Djakarta, paraphé par le ministre de la guerre en personne. Nous avons aussi écumé la zone industrielle et artisanale de Dinelli. La banlieue de Darwin a été passée au peigne fin pour se procurer des pièces de rechange, remettre en état le guindeau et tout le matériel en souffrance de réparation. Kerguelen est prêt à reprendre la route vers l'Asie. La première escale vers l'Indonésie sera Kupang, capitale du Timor.
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Photo de Kerguelen dans les glaces près du Cap Horn...
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