Le Trésor Des Kerguelen

Le Trésor Des Kerguelen

TOME 2 - Annexe 1


LE BATEAU

        

     KERGUELEN...

 

     Lorsque nous avons commencé à prospecter le marché de l'occasion, dans les années 74 -75, nous nous sommes vite rendus compte que le bateau de nos rêves n'existait pas. A cette époque la taille des voiliers ne dépassait guère les douze mètres. Cela était bien suffisant en ce qui concerne la longueur mais, par contre, ils nous paraissaient très incomplets, question aménagements intérieurs. De plus les unités les plus courantes étaient toujours prévues pour des croisières estivales. Tous les spécialistes que nous avions pu rencontrer, tant aux salons nautiques que dans les chantiers, n'avaient que ce qualificatif à la bouche "plaisance" pour 6, 8, voire 10 personnes dans un bateau de 10 mètres ! Nous, nous pensions uniquement à un voilier de type "habitation". Ces vendeurs de sommeil avaient une formule simple, à les entendre, c'était y fourrer à peu près, une personne par mètre de longueur de coque. Non ! Cette bande de fourvoyeurs de rêves, n'ont jamais eu à bricoler ou même à cuisiner par quatre mètres de creux, une certitude.


     C'est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers les architectes navals pour leur soumettre nos vœux. On pourrait appeler ça le cahier des charges de la maison flottante...


     Nous voulions un bateau solide, capable de faire du près dans le mauvais temps et facile à manœuvrer pour monsieur "Tout le Monde", même en passant par le Cap Horn. Voilà notre souhait. A cette époque les plans de constructions amateurs pleuvaient à qui mieux mieux... Mais si n'importe qui est capable de dessiner un objet flottant pouvant se mouvoir sur un fluide, (c'est une certitude : il suffit de voir un fût ou un container à la dérive...!), il n'en va pas de même lorsque vous demandez à ce dessinateur de vous faire une "bête" capable de remonter dans du gros temps. C'est là qu'on voit les créateurs de bons voiliers et les ceusses de salons flottants... Dieu sait si nous en avons croisé des baignoires, des sabots, des traîne-sillages...!


     Nous finissons par choisir un plan Auzépy-Brenneur. Le cabinet ANA de Marseille satisfait à tous nos besoins. Le plan du Canopus, c'est son nom, est réservé à la construction amateur. C'est la grande mode de cette décennie ; va pour le self-made !


     Sa carène est extrapolée de l'expérience des grands coursiers transocéaniques. Il est classé dans les course-croisière hauturiers. Nous avons le privilège de voir à Nantes un Canopus mis en chantier par un amateur de talent, José ; c'est exactement le voilier qu'il nous faut ! Les plans sont achetés et la construction de Kerguelen démarre sous la coupe de José et de Sylvain son adjoint...


     Nous nous installons près de Saint-Nazaire dans la commune de St Marc sur Mer, sur un terrain vague prêté gracieusement par un entrepreneur en bâtiment fort sympathique que nous ne remercierons jamais assez : M. et Mme Monterrain. Dans le même temps, notre ancien bateau, une Super Dorade, est vendu grâce à un ami nantais travaillant dans le milieu du courtage maritime : Daniel Gilard.


     Il ne reste plus qu'à construire notre rêve : Kerguelen.


     Quatre années passent…/…


     Puis un jour, un beau, un magnifique jour, c'est la mise à l'eau de notre "Trésor" ! Il est difficile d'exprimer la joie de ce grand jour... Cela représente tellement de travail, de sacrifices, de nuits blanches, de tâtonnements, de doutes, de découragements, mais d'exaltations aussi, que seul le résultat compte !


     Après trois années et demie de folle entreprise et 6500 heures de labeur acharné, Kerguelen est baptisé. Il flotte enfin dans le bassin du port de Saint-Nazaire. Alléluia !


     Nous avions fait un budget prévisionnel que nous avons parfaitement tenu. C'est sans doute pour cette raison que nous avons réussi à mener à bien de bout en bout ce projet... A cette époque, sur l'ensemble de la région Nantes / Saint-Nazaire, nous étions près de 150 constructeurs (amateurs) de voiliers. Une véritable épidémie avait d'ailleurs balayé la France entière jusqu'à la capitale ! Les "coques" fleurissaient dans les jardins …!


     Malheureusement les échecs furent très nombreux, environ 75% des unités commencées n'étaient jamais terminées. Certaines changeaient plusieurs fois de propriétaires avant d'être immatriculées... Enfin arrivait le fameux "Tour du Monde", aboutissement naturel et espéré de tous nos confrères constructeurs amateurs, donc futurs "frères de la côte"... Le fil des ans a montré que bien peu sont partis comme prévu : 5% aux dires des revues spécialisées de l'époque qui s'intéressèrent à ce phénomène d'engouement pour la plaisance hauturière.


     Kerguelen a fait partie de ce petit pourcentage restant et nous avons largué les amarres un merveilleux jour de printemps. Nous voici sur notre bateau qui "marche" bien ; un vrai, par tous les vents, par tous les temps, un voilier quoi, que Diable !!!

 

 


              CARACTERISTIQUES du CANOPUS :

 

- Longueur hors tout 11,95 m.

- Maître Bau hors tout 3,40 m.

- Tirant d'eau en charge 2,00 m.

- Déplacement total en charge 11 tonnes.

- Volume utile 12 tonneaux.

- Gréement Sloop / Ketch.

- Surface de voilure au près : 64 m2 (+ spi de 100 m2).

- Architecte : Auzépy-Brenneur.

- Construction Acier plans A.N.A. Marseille.

 


     LE BATEAU IDEAL …

 

     Question classique..." Et si cela était à refaire...?"


     Lorsque nous avons quitté la France, notre expérience nautique, à Marie-Claude comme à moi, était seulement celle d'une navigation côtière avec quelques sorties nocturnes.


     Aujourd'hui, après vingt cinq années de vie hauturière et plus de 65 000 miles de navigation effectués avec, tant sous les tropiques que dans les glaces, nous avons découvert toutes les nécessités et les impératifs d'un bon bateau d'habitation...


     Voici donc, s'il était à refaire, quel serait le profil de notre voilier idéal...

- Ketch (ou cotre) en acier de 12 à 13 mètres de long.

- Dériveur intégral à quille relevable (T.E. 1m. à 2,50 m.).

- Voilure : 2 enrouleurs d'avant et GV traditionnelle.

- Moteur auxiliaire puissant ( suivant déplacement).

- Équipement électrique doublé : 12 et 220 Volts (existe sur Kerguelen).

- Aménagements simples mais parfaitement isolés et étanche.

- Un chauffage (existe sur Kerguelen).


     Bien que le fort tirant d'eau du Canopus ne nous ait jamais réellement handicapé, je pense qu'un très faible tirant d'eau est un facteur important de la sécurité, en particulier pour entrer se protéger dans les estuaires. C'est aussi bien pratique pour échouer le bateau et effectuer des réparations mineures sans aide extérieure. Si la carène longue, classique, possède cet avantage, elle a aussi l'inconvénient de rendre les demi-tours plus difficiles. A ce propos, la quille sabre de notre Kerguelen nous a permis plus d'une fois de nous sortir des pièges du corail (ou de bancs de sable), précisément parce que nous pouvions faire demi-tour quasiment sur place. On en arrive donc à la formule hybride mais parfaite de la quille relevable. A ce sujet, nous avons été particulièrement enthousiasmés par les démonstrations de Bertrand sur son "Balthazar", un Damien II qui travaille en Terre de Feu...! C'est LA solution idéale, plus chère aussi !


     Notre expérience nous a montré également l'importance de l'étanchéité d'un voilier. A la construction du bateau, nous n'avons pas hésité à investir dans de bons capots (des Goïot en l'occurrence et je ne touche pas un kopeck pour le dire...!), leur parfaite technicité donne pleine satisfaction. Nous avons vu un nombre certain de bateaux vivre avec des gouttières à en rendre la vie à bord intenable...! Sans compter les dégâts causés au matériel de bord par l'eau de mer sur les circuits électriques, les appareils de navigation, les documents personnels ou autres...!


     Nous avons aussi particulièrement soigné l'isolation avec cinq centimètres de mousse sous un intérieur lambrissé "du sol au plafond"... Un fignolage que nous avons bien souvent apprécié. C'est la raison pour laquelle, vingt cinq années après, nous habitons toujours notre brave Kerguelen ...notre maison flottante ! On s'y plaît.


     L'année prochaine, Kerguelen va avoir 30 ans d'existence, nous pensons sérieusement à le remplacer par un grand frère ; nos enfants étant devenus grands la place vient à manquer. Mais, invariablement, c'est une histoire de gros sous. Il y a encore et toujours un compromis à trouver entre le voyage que nous tentons de poursuivre, le travail que nous tentons de minimiser !


     Le bateau idéal est un superbe rêve ! Mais nous en avons eu déjà tant d'autres ...que nous avons bien réalisés !


     Alors ...tous les espoirs sont permis !

 


     VOILURE

 

     Au départ, nous avions fait fabriquer un jeu de voiles traditionnelles chez un professionnel : Devillard France, spi compris. Rien à redire mais le matériel évoluant, tout en s'usant aussi, en 1988 nous avons installé un enrouleur de génois à grammage dégradé. C'est un confort certain ; il répondait tout à fait à nos besoins. Pour les hautes latitudes, lors de notre séjour en Argentine, nous avons redessiné une grande voile avec de nouvelles bandes de ris adaptées pour les vents violents du Sud. Le troisième ris devait nous permettre de router sous voiles par 50 à 55 nœuds de vent. Les deux derniers ris avaient été particulièrement renforcés pour ces conditions difficiles. Pari tenu.

 


     Répartition de surface de la grand-voile :

- GV totale 23m² pour un vent maxi de...... 25 Kts

- GV ris n° 1 - 17 m²  " " " " 35 "

- GV ris n° 2 - 11 m²  " " " " 45 "

- GV ris n° 3 - 06 m²  " " " " 55 "


     Les grammages des ris n° 2 et 3 ont été choisis plus forts et les coutures renforcées par la même occasion.


     La pratique a montré que l'échantillonnage était bon puisque nous avons routé sous cape active, grand-voile arisée au troisième ris entre le Cap Horn et les îles Malouines durant cinq jours avec un vent moyen de 55 à 60 nœuds. C'est vrai aussi que la voile était neuve.


     A bord nous avons toujours eu en stock une petite réserve de bandes de tissu de grammages courant (210 à 370 grs.). Pour ce qui est des lattes, celles en bois du début ont été vite échangées contre des lattes "maison", en PVC, certes plus lourdes mais tellement plus souples et surtout beaucoup moins agressives pour les goussets que le bois (quand elles cassent ) !


     Outil indispensable, une machine à coudre mixte (Read's) achetée en Angleterre (souvenir de notre "voyage de noces" !). Penser à acheter, pour la machine, des aiguilles spéciales pointes biseautées, utilisées par les professionnels… Elles sont bien plus perforantes que les pointes rondes, classiques. Nous disposons en plus, du matériel classique du voilier amateur, of course ! C'est à dire paumelle, aiguilles (ne pas hésiter à en faire bombance : il est très rare d'en trouver en route, même aux grandes escales !), fil, œillets à sertir avec la quincaillerie de frappe qui va bien. Ne pas oublier des rouleaux de "scotch" de tissus ; un miracle pour les coups durs tout comme la bobine de fil de fer fin (inox) qui servira de suture d'urgence ! Vous seriez étonnés si je vous faisais la liste de tous les appareils et accessoires qu'il m'est arrivé de "dépanner" avec un morceau de fil de fer inox... De même, le scotch large au silicone, genre emballage. Il est aussi indispensable au navigateur qu'un mouchoir pour un enrhumé chronique !


     Le spinnaker, à chaussette façon Tabarly, ne nous a pas souvent servi ; il faut bien le reconnaître. Il faut dire aussi que nous avons fait plus souvent du près ou du travers que des allures portantes... Néanmoins, dans le petit temps sur la route des alizés, il est bien agréable de le posséder (un booster peut facilement le remplacer!). Nous avons également à bord deux solides tangons, symétriques, permettant d'empanner sous spi ; mais ça c'est uniquement un luxe pour fainéants comme nous.


     Quant au tourmentin, pour finir de parler garde-robe, l'original de 6,5 m² nous avait paru un peu trop grand lors de ses premières utilisations. Nous l'avons donc réduit à 4,5 m². Cette surface s'est avérée largement suffisante. Nous avons également changé tous ses mousquetons par des manilles rapides que nous avons aussi doublées en nombre. A l'utilisation, de toutes manières, on comprend très vite la nécessité d'une telle transformation...!

 


     MOUILLAGE

 

LES ANCRES : sur Kerguelen, nous avons toujours eu 4 mouillages :

     - CQR 55 lb + 50 m de chaîne de 10 + 60 m de Nylon de 22mm.

     - Britany 16 kg + 20 m de chaîne de 10 + 40 m de Nylon de 22mm.

     - Britany 12 kg + 15 m de chaîne de 8 + 30 m de Nylon de 18 mm.

     - Fob HP 9 kg + 12 m de chaîne de 8 + 30 m de Nylon de 18 mm.


     Première règle, ne pas hésiter à "sur-dimensionner" le gabarit de l'ancre car d'elle dépendra toujours la tenue du mouillage, donc la vie du bateau. De plus nous avons toujours disposé à bord de gueuses de plomb (2 X 16 kg) pour alourdir le mouillage ; cette technique est d'une grande efficacité sur la tenue des ancres. Contrairement à une idée reçue, c'est par faible profondeur, lorsque la chaîne se raidit, que le mouillage lâchera le plus vite. La meilleure sécurité consiste à faire coulisser sur la chaîne (par un gros mousqueton, ou une poulie ouvrante) une ou deux gueuses en les maintenant à ras du fond par un orin. Ce poids supplémentaire infligera une flèche importante sur la ligne de mouillage qui, de cette manière, encaissera parfaitement les variations de traction. Faites comme moi : regardez un jour sous l'eau votre mouillage travailler, vous saisirez de suite les astuces pour garder la "main" bien plantée dans le fond ! Une histoire de courbure et d'amortissement des efforts de traction ...pas sorcier !


     A noter toutefois que la CQR de 35 lb du départ a rapidement été modifiée pour la transformer en 55 lb …par agrandissement de sa pelle et alourdissement de 8 kg de plomb !

 


     LE GUINDEAU

 

     Le premier guindeau, manuel, un Vétus Marine, nous a lâché sur l'Amazone. Il faut dire aussi à sa décharge qu'il était un peu "faiblard" pour le déplacement de notre bateau. De plus nous lui avons demandé un travail de titan. Le second, un Goïot 383 est un peu plus fiable, c'est certain (pub toujours gratuite !). Il est toujours manuel et sa robustesse est légendaire. Pourquoi n'avons nous pas choisi ce modèle dès le départ ? Économies obligent, tout simplement...! Nous aurions dû pourtant...! Y'a qu'à, faut qu'on..., bien sûr, oui facile !


     La mode maintenant est au guindeau électrique. Evidemment, c'est nettement mieux, mais c'est aussi plus cher et gourmand en petits électrons. Une bonne installation électrique doit être envisagée. Mais il est certain que c'est l'idéal ; fini ainsi, les corvées de dos cassés...!

 


     LE MOUILLAGE "SANS ANCRE"

 

     Il nous faut parler d'un système de mouillage qui consiste ...à ne pas mouiller ! Vous ne pigez plus rien ? Attendez, j'vais vous "expliquailler" !...


     Dans les endroits particulièrement venteux, comme la Terre de Feu ou la Patagonie, lorsque les Williwaws couchent les mâts à en faire peur, inutile de vous dire que les nuits se transforment vite en veille ininterrompue ! Ça tient-ti, ça tient-ti pas ? Va savoir ! Je ne parle pas, en plus, du fond non cartographié de l'endroit où vous êtes. Vous vous en remettez alors au sondeur qui passe de 6 à 60 mètres, d'un coup, en bougeant le bateau seulement d'une demi-longueur !...


     Non, décidément, la meilleure façon de dormir pépère dans ces coins-là est de s'accrocher aux arbres, aux rochers, à ce que vous pouvez "saisir". Donc de ne pas jeter bêtement sa pioche...! C'est l'amarrage aux quatre coins. Durant tout notre périple Austral, nous choisissions toujours un "coin" le plus petit possible. Il suffisait alors de godiller rapido jusqu'aux arbres ou aux rochers les plus proches et y passer un bout flottant (important que ça flotte!) et le tour était joué. Sur le pont, à cet effet, nous avons gréé deux dévidoirs en acier inox (1 devant, 1 derrière) qui supportent chacun deux haussières de 60 mètres en 16 millimètres de diamètre. Nous avons aussi des câbles en inox (8 millimètres de diamètre pour 6 mètres de longueur), comportant une grosse cosse en plastique aux extrémités, permettant de protéger ainsi les haussières et d'enserrer les rochers. Avec l'habitude, il suffisait de 10 minutes pour nous installer dans un "mouillage" avec la sécurité absolue de ne pas chasser. Une technique simple et parfaite.


     Nous disposons aussi d'une rallonge de 10m, toujours en polypropylène (flottant), qui servait à rallonger les bouts' pour la mise en place, si nécessaire. Au final, rares ont été les endroits où nos cordages furent trop courts. Pour partir du mouillage il suffit de larguer à terre et, tout en routant au ralenti, vous enroulez vos haussières sur vos tambours. D'où l'importance de bouts' flottants. Il n'est pas question d'aller démêler son hélice à chaque départ, qui plus est ici, dans une eau à ...3 degrés !

 


     LE MOTEUR

 

     A la construction du bateau, nos finances ne nous permettaient pas d'acheter un moteur neuf. On s'est donc contenté d'un moteur d'occasion provenant d'un vieux civelier nantais qu'il avait fallu refaire complètement. Le pauvre Couach avait déjà fait "4 tours d'horloge" mais il nous a rendu de bons et loyaux services durant encore près de 1500 heures. Je me souviens encore de la tête que fit le préposé pour la visite d'homologation de notre bateau... Ne trouvant pas le modèle de pompe à injection adéquat, j'ai fait des essais (nombreux!) avec une vieille pompe de 403 diesel ; souvenir de ma première bagnole ! C'était un modèle rotatif à couteaux et à quatre têtes d'injection, mais j'avais fini quand même par mettre au point cette adaptation originale... On est bricoleur ou pas ! L'ensemble ne faisait pas particulièrement "marin" comme me le fit remarquer l'inspecteur des Affaires Maritimes. Mais il s'était laissé attendrir par nos systèmes "D" et avait fini par parapher le précieux document...


      Cependant les 18 chevaux vapeurs de ce vieux moteur manquaient au fil des ans d'un peu de nerf. Nous avons doublé sa puissance en le troquant contre un nouveau moteur, d'occasion lui aussi, mais beaucoup plus "jeune" cette fois.


      A partir de ce jour nous avons mesuré la sécurité que pouvait nous offrir un auxiliaire Diesel puissant. Il nous a permis de nous sortir d'un certain nombre de pièges desquels, sans cette réserve de puissance, nous ne nous serions peut-être jamais échappés ! Je sais qu'il existe, encore aujourd'hui, des puristes qui ne veulent pas entendre parler de mécanique... Pendant un coup de vent, aux Canaries, nous avons secouru un "voileux" de cette "confession". Une fois à l'abri dans le port, je me souviens aussi qu'il nous a juré de changer d'évangile...!

 


     Il est donc important de posséder un bon moteur auxiliaire avec une bonne autonomie de carburant. Sur Kerguelen nous disposons d'une réserve de gasoil permettant d'effectuer 600 nautiques (à 5 nœuds sur mer calme). Cela nous parait être le minimum pour une circumnavigation. (Problème lié au ravitaillement parfois difficile). Pour le trajet plus particulier Usuhaïa - Puerto Eden nous avions triplé cette capacité par des jerricans en plastique amarrés aux filières sur le pont, et aussi un fût de 210 litres calé dans le cockpit. L'allure du voilier n'était pas très élégante mais le chauffage a pu fonctionner ainsi 24 h sur 24 durant quatre mois. Un luxe qui nous a permis de visiter tranquillement la Patagonie sans souci de ravitaillement ! Un petit aparté à ce propos, contrairement à ce qu'on peut entendre dire, il n'est pas possible de se ravitailler en gasoil à Puerto Eden. En théorie cela pourrait être possible mais à condition de commander cette réserve d'avance et d'être présent le jour où le ravitaillement arrive ! N'y comptez pas trop ! D'autre part ce carburant est une denrée si rare dans ce coin paumé que vous le paierez quatre fois son prix ! Un conseil : prenez-en le maximum en quittant les zones "civilisées"...!

 


     ACCESSOIRES DE NAVIGATIONS

 

     En 1978, la navigation n'avait pas encore le qualificatif de "presse-bouton". Nous n'avions alors que le minimum d'appareils électroniques. L'équipement de Kerguelen se limitait à cela :

- Deux sextants (tables HO 249 + Log et Dieumegard)

- Radio gonio Super Navitek

- Sondeur et Lock-speedo

- Régulateur d'allure Navik

- Deux panneaux solaires France Photons (révolutionnaire à cette époque !)


     Hormis les cartes et documents de navigation classique, nous avions fait venir des USA une série d'Atlas et de cartes de navigation aérienne, ainsi que les Pilot's Charts nautiques pour le monde entier. C'était à peu près tout !


     Nous avons donc acheté petit à petit du matériel, profitant des opportunités au fur et à mesure du voyage. C'est ainsi que nous avons acquit : VHF, éoliennes, nouveaux panneaux solaires, Satnav, pilote électronique (Autohelm 2000), Radar (Furuno 1726) ; un peu plus tard une excellente BLU et deux GPS. Il y a des "puces nautiques" dans tous les coins de la planète où se trouvent des traîne-godilles...! C'est une excellente manière de s'équiper à moindre frais.

 

Photo de Kerguelen dans les glaces près du Cap Horn...

 

http://voyageforum.com/voyage/budget_tour_monde_voile_D146130/

 

http://www.uniterre.com/r_carnets/carnets/recherche/carnet.php?id=8229

 

http://www.uniterre.com/annuaire/carnets-de-voyage/destination,/type,coups-de-coeur/objective,/mode,

 

http://kerguelen.blogtrafic.com/

 

http://www.web-libre.org/rto2.php?id=676146e02384d1b95d54608ca2c60009

 

http://www.des-blogs.com/blog/3292/____25_ans_autour_du_monde____.html

 

http://blogs.stw.fr/

 

http://www.annuaire-blog.net/top_clics.php

 

http://www.banik.org/general/r%C3%A9cits.htm




21/11/2005
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