Le Trésor Des Kerguelen

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255 L’art d’ouvrir les noix de coco …

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255  L’art d’ouvrir les noix de coco …

 

 

 

 

     Quand on part pour un Tour du Monde en bateau (TdM), on est forcément amené un jour ou l’autre, en zones tropicales ou équatoriales, à se retrouver seul sur une plage où fleurissent quantité de cocotiers. Et qui dit cocotiers, dit aussi noix de coco pour se désaltérer, voire même se nourrir. Mais voilà, ouvrir une noix de coco rapidement, simplement et sans risque de se blesser, n’est jamais aussi facile qu’il peut n'y paraître à première vue…

 

Déjà, il faudra aller les chercher, si celles-ci ne sont pas tombées à terre. Voir les articles consacrés à la grimpe dans les arbres (Trucs & Astuces 242, 143, 034)…

Ensuite la méthode pour les ouvrir ne sera pas du tout la même en fonction de l’état de la noix (verte ou sèche). Alors voici quelques règles élémentaires pour ouvrir aisément des noix sans prendre le risque de se blesser.

Déjà une première règle générale, ne jamais se servir d’une machette (ou d'une hache) pour ouvrir une noix, c’est totalement inutile sinon même dangereux. Alors en fonction de leur état de mûrissement, voici comment il faut s’y prendre…

 

 

    

Noix de coco vertes…

 

     Pour ces noix, en tout premier il faudra bien souvent monter dans l’arbre pour aller les décrocher. Ensuite, il faut avoir un couteau possédant une lame bien tranchante et il suffira de couper la partie proche du pédoncule en faisant le tour de la noix. La coquille interne étant encore tendre, elle se coupera aussi aisément. Il faut donc faire cette opération en tenant le coco debout sur sa pointe. Une fois décalotté, vous avez accès à l’intérieur de la noix qui contient une sorte de laitance gluante, collée contre la coque, c’est la noix en formation. L’eau contenue à l’intérieur est légèrement sucrée, parfois un peu acidulée et forcément stérile. Ce jus est très rafraichissant. On boit le jus en premier puis après ça, on découpe sur une des arêtes de la noix (il y en a trois habituellement, les noix sont rarement circulaires mais forment 3 lobes), une bande de pelure (toujours avec le couteau bien tranchant) pour en extraire une sorte de « cuiller ». Avec celle-ci, on va pouvoir facilement prélever la pulpe intérieure. Il suffit de déguster : c’est un régal.

 

 

 

 

Noix de coco sèches…

 

     Pour ces noix sèches, la méthode d’ouverture sera complètement différente. Il est pratiquement impossible d’ouvrir une noix sèche avec une machette. Celle-ci va rebondir sur la peau au premier coup porté, la bourre au-dessous étant très élastique. Donc, procédé à oublier. Voici la bonne méthode…

Il va falloir commencer par faire un outil, un pic très dur et bien pointu. Soit on cherche un morceau de branche, soit on va en tailler une (in situ) sur un arbre proche. Dans les zones tropicales d’ailleurs, sur le haut des plages (où proche des cocoteraies), on voit souvent l'une des branches basses d’un arbre, coupée et taillée en forme de pic. Ce sont les natifs du coin qui ont « leur outil à dépecer les noix », toujours prêts à servir et à portée de mains.

Ensuite, si le pic est « détaché d’un support », eh bien là, il faudra le coincer dans des branches, des roches ou n’importe quoi d’autre (trou dans le sable éventuellement) qui puisse le maintenir parfaitement en place. Il faut qu’il soit positionné à environs 45° par rapport au sol et orienté vers le haut. Ceci paraît dangereux comme position et ça l’est aussi ! Donc attention à ne pas s’empaler dessus. Faire cet outil et l'installer dans un endroit sécurisé (penser aux enfants…).

Après, il suffit de prendre la coco à pleines mains et de la planter sur cette pique par son pédoncule près de ses yeux (il y en a toujours 3 sur une noix dont un « tendre » – par lequel sortira le germe). Cela va faire éclater la bourre en ouvrant une brèche sur la noix. Trois ou quatre coups de ce type seront suffisants pour arracher la bourre qui pourra ensuite être tirée à la main assez facilement (sans aucun outil).

Voici la seule et bonne méthode pour peler une noix de coco sec.

 

Enfin, une fois pelée, on cherche parmi les yeux, lequel est tendre et on le perce avec la pointe d’un couteau (ou une brindille de bois dur). On boit le jus et seulement après, on pourra casser la noix pour la manger (dos de la machette ou caillou). Suivant les noix, la chair se décollera plus ou moins facilement. Si vous ouvrez la noix avec soin, vous pourrez obtenir de jolis morceaux de coquille qui pourront vous servir à faire des tas de choses utiles (peigne, boucle de ceinture, objet de décoration, etc…). Pour ces noix sèches, on peut aussi les déguster cuites. Il suffit de les mettre dans la braise et de les surveiller un peu. C'est encore un délice...

 

 

 

Conseil de prévention…

 

 

     Quand on ouvre des noix de coco, il est très facile de se blesser. Je l’ai constaté de nombreuses fois autour de moi, malheureusement. Pour ma part, je ne me suis jamais abîmé les mains en faisant cette opération et je l’ai faite des milliers de fois. Mais j’ai toujours utilisé cette méthode décrite ici, enseignée il y a fort longtemps par un ami guadeloupéen. Il faut avoir également un couteau bien affuté car avec un tel outil, point n’est besoin de forcer sur les gestes. Or c’est TOUJOURS en forçant que l’on se blesse, jamais quand les outils sont en parfait état. Ainsi, ils ne nécessitent pas d’effort pour travailler. La sécurité est à ce prix.

 

 

 

Cœur de coco…

 

 

     Dernier élément à connaître quand on vit « sous les cocotiers »… C’est de savoir extraire le cœur des cocotiers. Si vous êtes dans un endroit où il y a des milliers de jeunes cocotiers qui garnissent le sous-bois, vous pourrez en couper sans risquer d’anéantir la cocoteraie. Il suffit donc de couper un très jeune cocotier (on voit encore la noix parfois) et de l’éplucher jusqu’au cœur. Là, à son pied et au centre, il y a une partie tendre et sucrée à souhait, « le chou » : un vrai régal. C’est en fait le cœur de l’arbre. Bien sûr, quand on prélève ce cœur, on tue également l’arbre. Donc il ne faut faire cette opération que lorsqu’il y a abondance de jeunes pousses alentours. Après le passage d’un cyclone, un cocotier abattu par la tempête vous donnera aussi un cœur à prélever. Le travail sera cependant plus ardu car un arbre adulte sera beaucoup plus coriace à dépecer à sa tête qu’une jeune pousse tout juste sortie de sa noix. Mais cela pourrait-être une source de nourriture de survie. Il faut le savoir quand on part à l’aventure sur les chemins d’un TdM au long cours...

 

 

 

Astuce de prévention sur les cocotiers…

 

 

     Ce conseil est un aparté dans l’art d’ouvrir les cocos mais pourrait néanmoins être bien utile…

Si vous êtes seul dans une île avec des cocotiers autour de vous et qu’un cyclone arrive sur vous, vous pouvez rendre un grand service à ces cocotiers, les sauvegarder par anticipation… Je m’explique…

 

Dans un cyclone les vents sont démentiels de puissance et mettent à terre des milliers de cocotiers chaque saison… C’est bien souvent, les plus exposés sur les côtes qui sont écimés ou carrément abattus au sol  les premiers… J’ai vu dans certaines îles du Pacifique, les habitants des lieux, ceci juste avant l’arrivée imminente d’un cyclone, monter dans les cocotiers et couper la moitié au moins de leurs palmes les plus basses et ôter également des grappillons de noix pour les alléger. Ceci afin d’offrir à la tempête le moins de prise au vent possible et préserver ainsi leur « garde-à-manger » et /ou leur gagne-pain (coprah). A chaque fois, j’ai toujours été très étonné de voir l’efficacité de cette méthode pour conserver une cocoteraie en bonne état et sans perte malgré le passage de fortes tempêtes. Par contre, j’ai pu constater les dégâts et la désolation des cocoteraies touchées par des cyclones violents surtout dans l’Archipel du Vanuatu quand celles-ci n’avaient pas été « préparées ». Il aurait fallu peu de choses pourtant pour préserver ce bien… Simplement couper la moitié des palmes quand les éléments météos étaient encore maniables.

Cette coupe préventive est redoutable d’efficacité. Un arbre de 15 m de hauteur qui tombe, c’est au moins 30 voire 40 années de vie, de travail et de ressources qui disparaissent brutalement.

Cela serait pourtant facile à éviter avec un peu de travail de prévention…

 

 

 

 

Qu’on se le dise …et bon vent !

 

 

 

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26/07/2015
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